Les manifestants veulent prendre d'assaut le Palais présidentiel — Soudan

02 Juillet, 2019, 08:10 | Auteur: Lynn Cook
  • Les manifestants ont scandé des slogans révolutionnaires

La police a tiré des gaz lacrymogènes contre des manifestants qui protestaient par milliers dimanche à Khartoum contre le pouvoir militaire au Soudan, pays en proie à des troubles depuis des mois, ont indiqué des témoins. À travers tout le pays, des dizaines de milliers de Soudanais étaient descendus dans les rues pour réclamer aux militaires le transfert du pouvoir aux civils.

Les rassemblements de dimanche sont les plus importants depuis la dispersion sanglante le 3 juin d'un sit-in de manifestants devant le QG de l'armée à Khartoum, un drame qui avait fait des dizaines de morts et provoqué un tollé international.

Dix personnes ont été tuées et plus de 180 blessées dans les violences en marge des rassemblements, selon des bilans de la police et du ministère de la Santé cités par l'agence officielle Suna.

Depuis la destitution de l'ancien président Omar el-Béchir le 11 avril, le pouvoir est entre les mains d'un Conseil militaire de transition (CMT) qui refuse d'organiser une transition démocratique pacifique.

Cette proposition prévoit notamment la formation d'un conseil souverain de 15 membres et d'un cabinet de 18 ministres, et remet à plus tard la formation d'un conseil législatif. Des centaines de paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) avaient été déployés.

Les trois corps affichaient des traces de "tortures", selon un comité de médecins proche de la contestation.

" Ils ont tiré sur trois paramilitaires des RSFForces de soutien rapide et sur peut-être cinq ou six citoyens", a dit le général Mohammed Hamdan Daglo, lors d'une allocution retransmise à la télévision publique.

"Le dimanche 14 juillet, désobéissance civile et grève politique totale dans tous les secteurs professionnels (.) dans la capitale et dans toutes les provinces", a annoncé dans un communiqué l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation.

Brandissant des drapeaux soudanais et faisant le signe de la victoire, hommes et femmes ont envahi les avenues de la capitale, scandant leurs slogans au rythme des applaudissements et des klaxons des automobilistes.

La mobilisation de dimanche est d'autant plus impressionnante que le Conseil militaire bloque depuis des semaines l'accès à internet, outil stratégique pour rallier dès le début du mouvement de contestation inédit en décembre 2018.

La contestation a été déclenchée initialement par le triplement du prix du pain dans un pays pauvre à l'économie exsangue. Les autorités comptent pour leur part 71 morts depuis le 3 juin.

Depuis plusieurs jours, les chefs de la contestation et le Conseil militaire se disent ouverts à une reprise des négociations, à travers une médiation de l'Ethiopie et de l'Union africaine, pour dessiner les grandes lignes de la transition à venir.

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