Le baril de pétrole dépasse les 60 dollars

02 Juillet, 2019, 08:07 | Auteur: Aubrey Nash
  • Les deux hommes se serrent la main

Après une réunion à Vienne le 1er juillet, le ministre russe de l'Energie Alexandre Novak a annoncé que les quatorze pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs dix alliés (emmenés par la Russie) soutenaient unanimement la proposition consistant à garder le cap des limitations de production. Destinée à soutenir les cours du brut, une prolongation des réductions de production actuellement en vigueur a d'ores et déjà été annoncée vendredi par le président russe Vladimir Poutine, en marge du G20 d'Osaka.

A son arrivée à Vienne lundi, le ministre iranien du Pétrole Bijan Namdar Zanganeh a dénoncé le caractère selon lui unilatéral de l'entente entre Moscou et Ryad annoncée en amont des réunions de Vienne. "Le principal danger auquel est confrontée l'Opep maintenant est l'unilatéralisation", a lancé le ministre, assurant que "l'Opep va mourir avec un tel processus" de décision piloté en solo par son rival régional saoudien.

Ce compromis scellé par la Russie et l'Arabie Saoudite doit recevoir l'approbation de l'ensemble des 14 membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de leurs 10 partenaires non membres de l'Opep qui se retrouvent jusqu'à mardi dans la capitale autrichienne.Ces 24 pays, qui pompent la moitié du pétrole du globe, avaient décidé en décembre d'abaisser leur offre cumulée de 1,2 million de barils par jour (mbj) pour soutenir les cours.

Vers 9 h, le baril de référence américaine pour livraison en août, cotait à 60,12 dollars, en hausse de 2,82 % par rapport à la clôture de vendredi. "Pour ce qui est de la durée de cette prolongation, nous devons encore décider si elle sera de six ou de neuf mois ".

" Nous, la Russie et l'Arabie saoudite, nous soutiendrons une prolongation", a dit Poutine".

Frappée de plein fouet par le retour des sanctions américaines, la production de pétrole de l'Iran est exemptée des limitations de production, tout comme celle du Venezuela et de la Libye, deux pays producteurs en pleine crise politique. Côté offre, la récente intensification des tensions dans le Golfe (attaques de tankers, drone américain abattu par l'Iran.) ravive les craintes pour la sécurité de l'approvisionnement, mais sans provoquer à ce stade de flambée des prix.

De plus, les risques géopolitiques semblent largement contrebalancés par une demande énergétique morose, sur fond de guerre commerciale sino-américaine et de ralentissement de la croissance économique mondiale. La production américaine de pétrole de schiste ne cesse de grimper, concurrençant l'Opep et gonflant des stocks mondiaux déjà élevés. C'est le cas de la plupart des pays liés par l'accord. La stratégie de l'"Opep+" s'est jusqu'ici révélée payante, puisque le prix du baril de Brent a pris environ 22% depuis janvier.

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