Vers un nouvel épisode judiciaire — Vincent Lambert

01 Juillet, 2019, 22:09 | Auteur: Jonathan Ford
  • La Cour de cassation à Paris le 24 juin 2019 avant une audience d'appel sur le cas de Vincent Lambert

"Meurtre avec préméditation": c'est le qualificatif qui sera retenu pour une plainte, ont menacé les avocats des parents de Vincent Lambert, patient tétraplégique en état végétatif depuis dix ans, vendredi. Réunie en assemblée plénière, la Cour de cassation a invalidé ce vendredi la décision de la Cour d'appel de Paris, qui avait ordonné, le 20 mai dernier, la reprise de l'alimentation et de l'hydratation maintenant en vie Vincent Lambert. C'est le point final à cette affaire judiciaire.

Enième rebondissement dans l'affaire Vincent Lambert. Qui a mené ce combat pour l'arrêt de ses traitements?

La Cour de cassation a cassé vendredi la décision de la cour d'appel de Paris qui, le 20 mai, avait ordonné la reprise des traitements de cet ancien infirmier de 42 ans, victime d'un accident de la route en 2008 et devenu symbole de la fin de vie en France. Face aux promesses d'"inventivité juridique" de la partie adverse - la mère de Vincent Lambert - il réplique: "Aujourd'hui, la décision définitive, c'est l'arrêt des soins".

Normalement il ne revenait pas à la Cour de cassation de se prononcer.

Les traitements peuvent s'arrêter "dès maintenant", a déclaré dans la foulée Me Patrice Spinosi, l'avocat de l'épouse de Vincent Lambert.

Les avocats des parents menacent de poursuites pour "meurtre " en cas d'arrêt des soins. Proche des milieux catholiques intégristes, décidée à faire de son fils un exemple du droit à la vie, elle entend faire pression désormais sur le médecin du CHU de Reims. "Il n'existe plus aucun obstacle juridique à ce que l'arrêt des soins puisse être repris dès à présent", a-t-il déclaré. La Cour ne renvoie pas l'affaire devant un nouveau juge indique t-elle dans un communiqué, ce qui de fait ouvre la voie à un nouvel arrêt des soins. "La France ne peut pas se placer au ban des nations civilisées et risquer d'être condamnée par l'ONU à l'avenir", a-t-il dit.

"Il faut respecter ce que disent les médecins et ce que dit la loi" sur une situation "qui est sans issue sur le plan des soins", a réagi pour sa part le Premier ministre français, Edouard Philippe.

De lautre son épouse et tutrice légale, cinq de ses frères et soeurs ainsi quun neveu demandent quon le laisse mourir, conformément à ce quétaient, selon eux, ses valeurs.

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