Militants écologistes gazés : enquête ouverte pour "violences volontaires", l’IGPN saisie

01 Juillet, 2019, 20:41 | Auteur: Lynn Cook
  • Vendredi des membres du collectif Extinction Rebellion ont tenté de bloquer le pont de Sully dans le 5e arrondissement de Paris. Ils ont été délogés par les CRS

Pour tenter de calmer la situation, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, avait demandé dimanche davantage d'informations au préfet de police de Paris.

Selon la Place Beauvau, "une inspection technique CRS a été déclenchée et un rapport a été demandé au préfet de police sur les modalités de gestion de cette opération de maintien de l'ordre rendue nécessaire pour rétablir la circulation au cœur de Paris".

Tandis qu'ils manifestaient assis en plein milieu de la voie sur le pont de Sully à Paris, dans le 5e arrondissement ce 28 juin, des militants écologistes du collectif Extinction Rebellion - qui se font connaître pour leurs actions parfois spectaculaires - ont été délogés par les CRS, non sans brutalité.

Ces images ont suscité une vague d'indignation sur les réseaux sociaux. Des images de l'intervention des forces de l'ordre ont été largement partagées sur Twitter: elles montrent des policiers aspergeant abondement de gaz lacrymogènes des militants participant pacifiquement à un sit-in lors de l'occupation de ce pont du centre de Paris par l'organisation Extinction Rebellion. Né au Royaume-Uni, ce mouvement prône la "désobéissance civile" pour lutter contre le changement climatique.

Samedi, le réalisateur et militant écologiste Cyril Dion a indiqué refuser sa promotion dans l'ordre du Mérite en raison de ces "violences".

"La disproportion de la réponse policière est folle", a encore déclaré Cyril Dion. "Comme ensuite ces bloqueurs revenaient, ils ont opté pour leur stratégie du gazage à 20 cm du visage", a-t-elle ajouté. "L'évacuation a duré 40 à 45 minutes; vers 14 h, le pont était rendu à la circulation", a-t-elle affirmé, précisant que, suivant le principe de la désobéissance civile, le lieu de manifestation n'était pas déclaré.

De son côté, François de Rugy, ministre de la Transition écologique invité de BFMTV dimanche, a justifié l'action des forces de l'ordre en qualifiant ces manifestants de "radicaux" qui n'ont pas voulu suivre les ordres d'évacuation.

"Au début les CRS appellent les manifestants à débloquer (.) Ce sont des manifestants très radicaux". "Quand j'ai vu ces images, j'ai été assez choquée comme tout le monde car on envoie du gaz lacrymogène très près des yeux des gens", a ainsi commenté la députée Barbara Pompili (ex-écologiste, aujourd'hui membre du parti LREM du président Emmanuel Macron). Les responsables auraient été sommés "à plusieurs reprises de se disperser". Selon la chaîne LCI, deux personnes ont été arrêtées pour "délit d'entrave à la circulation".

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