Jour de célébration marqué par des manifestations — Hong Kong

01 Juillet, 2019, 22:52 | Auteur: Sue Barrett
  • Des manifestants scandent des slogans plusieurs avec un drapeau chinois à la main

Alors que l'ancienne colonie britannique est en proie à une contestation historique depuis plusieurs semaines, ce lundi marque l'anniversaire de sa rétrocession à la Chine, le 1er juillet 1997. Des centaines de milliers de manifestants - jusqu'à 550 000 selon le site Hong Kong Free Press - ont défilé dans le centre-ville, signe que la mobilisation demeure très forte quelques semaines après les manifestations monstres contre le projet d'amendement de la loi sur l'extradition, qui permettrait de renvoyer des suspects en Chine. Auparavant, des dizaines de personnes casquées et masquées avaient brisé les baies vitrées blindées du bâtiment à l'aide de barres de fer et d'objets divers, le tout après un siège de six heures. "Hong Kong n'est pas la Chine", proclamait l'un de ces slogans.

"Il n'y a pas d'émeutiers violents, juste de la tyrannie", pouvait-on lire sur une banderole, alors que le gouvernement a dénoncé l'"extrême violence" des protestataires. Des dessins obscènes ont également été peints sur les murs, tandis que des écrans ont été vandalisés.

Vêtus de noir, le visage souvent masqué et casqué, ces militants, sont souvent jeunes étudiants, qui ont fait vœu de désobéissance civile contre le gouvernement.

Ils n'ont battu en retraite que lorsque les policiers ont prévenu dans la nuit qu'ils allaient user de la "force nécessaire", se repliant dans les rues alentours. Les forces de l'ordre les ont attaqués à coups de matraques et de gaz poivré.

La mégapole étincelante de gratte-ciel est connue pour le caractère généralement bon enfant de ses mouvements sociaux. Mais Pékin n'avait rien cédé aux manifestants qui réclamaient l'élection du chef du gouvernement au suffrage universel et dans les mois et années qui ont suivi, les grandes figures du mouvement ont été jetées en prison. "Je n'accuse pas les jeunes, j'accuse le gouvernement", a souligné un manifestant de 80 ans qui n'a donné que son nom de famille, Yeung. Une manifestante saignait de la tête, a rapporté un journaliste de l'AFP. "Je m'inquiète pour la sécurité de ces jeunes, j'espère qu'ils vont être rationnels", a-t-elle confié à l'AFP.

Aux termes de l'accord ayant présidé à la rétrocession, Hong Kong bénéficie de libertés inconnues dans le reste de la Chine, en théorie jusqu'en 2047, en vertu du principe " un pays, deux systèmes ".

Dans son communiqué, l'UE a déploré une action en décalage avec les manifestations, observées ces trois dernières semaines, de gens "exerçant pacifiquement leur droit fondamental à se réunir et à protester". Parti du rejet du texte sur les extraditions, le mouvement s'est élargi à une dénonciation généralisée des autorités hongkongaises auxquelles les protestataires ne font plus confiance tant ils ont l'impression qu'elles ont permis, voire favorisé, l'érosion de leurs libertés. "Nous savons que nous violons la loi mais nous n'avons pas le choix".

L'exécutif hongkongais a suspendu le mois dernier la mise en oeuvre de la loi mais la contestation se poursuit pour demander l'abandon définitif du projet et appeler à la démission de Carrie Lam, qui dirige le gouvernement local. Mais les tactiques de plus en plus radicales de certains leur aliènent une partie de la population et des dizaines de milliers de Hongkongais sont descendus dimanche dans la rue pour soutenir la police.

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