Europe-Mercosur : l'accord qui fâche les agriculteurs

01 Juillet, 2019, 22:57 | Auteur: Aubrey Nash
  • Le président brésilien Jair Bolsonaro au G20 à Osaka le 28 juin 2019

Ces réactions résument les profondes inquiétudes autour de cet accord, amené à devenir l'un des plus importants du monde: il concerne 770 millions de personnes, un quart du PIB mondial (18 000 milliards d'euros).

L'UE et le Mercosur ont échangé en 2018 pour près de 88 milliards d'euros de marchandises.

L'UE est à l'inverse le deuxième partenaire commercial du Mercosur derrière la Chine. Désormais, plusieurs produits seront moins taxés à l'importation comme le vin, la viande, les voitures et certains produits chimiques.

" L'accord est un tournant historique dans la relation entre le Mercosur et l'Union européenne " et sa conclusion " souligne l'engagement des deux blocs, à une époque de tensions et d'incertitudes dans le commerce international, en faveur de l'ouverture économique et du renforcement des conditions de concurrence", indique un communiqué conjoint des ministères brésiliens des Affaires étrangères et de l'Economie.

Il s'agit par ailleurs du premier accord commercial conclu par le Mercosur, un avantage dont l'UE compte tirer parti.

Pour le Copa-Cogeca, représentant des principaux syndicats agricoles européens, ouvrir les marchés européens aux denrées du Mercosur, c'est "ouvrir la boîte de Pandore".

Les agriculteurs européens n'ont cessé de protester ces derniers mois contre ces discussions. L'accord offre ainsi un quota de 99 000 t de bœuf par an à taux préférentiel (7,5%), un quota supplémentaire de 180 000 t pour le sucre et un autre de 100 000 t pour les volailles.

Le compromis comporte " certains défis pour les agriculteurs européens et la Commission européenne sera à leur disposition pour les aider", a concédé le commissaire à l'Agriculture Phil Hogan.

Face à toutes ses critiques, la Commission rappelle que l'accord inclut un chapitre sur le développement durable, couvre notamment " la conservation des forêts, le respect des droits des travailleurs et la promotion d'un comportement responsable des entreprises ".

L'UE et le Mercosur s'engagent aussi " à mettre en oeuvre efficacement l'accord de Paris sur le climat ".

Ces organisations, dont beaucoup étaient déjà opposées aux précédentes négociations commerciales de l'UE avec les États-Unis ou le Canada, condamnent également " la détérioration des droits humains et de la situation écologique au Brésil ", depuis l'investiture en janvier du président d'extrême droite, Jair Bolsonaro.

Le compromis négocié par la Commission devra être approuvé par les 28 Etats membres, un parcours qui s'annonce délicat, puis par le Parlement européen.

" C'est l'accord de la honte car on nous le vend comme étant favorable à l'industrie sauf qu'on oublie de nous dire que cet accord va ruiner, tuer définitivement notre agriculture ", a dénoncé le député RN sur Public Sénat".

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