En Espagne, les membres de "la Meute", condamnés pour viol en réunion

23 Juin, 2019, 03:53 | Auteur: Lynn Cook
  • Une manifestation contre la

En Espagne, les cinq hommes connus sous le nom de "La meute", "La manada", ont été finalement reconnus coupable de viol collectif et condamnés à 15 ans de prison. Ils avaient écopé de 9 ans de prison, et leur remise en liberté provisoire a déclenché des immenses manifestations féministes à travers l'Espagne.

Ces cinq hommes, qui se surnommaient la "Meute", avaient violé collectivement une jeune fille de 18 ans en juillet 2016 à Pampelune (nord de l'Espagne), en pleines fêtes de la San Firmin. S'en vantant sur un groupe WhatsApp, les cinq hommes avaient diffusé des images de leurs agissements. Une preuve vidéo utilisée contre eux durant les procès mais aussi contre la victime, qui dut justifier sa passivité apparente.

Cinq magistrats de la Cour suprême - dont deux femmes - ont examiné les recours présentés par l'accusation et la défense. Ils ont ensuite conclu à l'unanimité qu'il y avait bien eu un viol aux yeux du droit espagnol.

" Le récit des faits décrit une authentique scène d'intimidation, durant laquelle la victime ne consent à aucun moment aux actes sexuels menés par les accusés", a écrit la Cour. "Les juges considèrent qu'elle a " adopté une attitude de soumission ", sous l'emprise d'une " angoisse et un stress intense " et n'a pu que subir les " dix agressions, avec pénétrations orales, vaginales et anales ".

L'un des accusés a été en outre condamné à deux ans supplémentaires pour avoir volé le téléphone portable de la victime.

Selon la procureur Isabel Rodriguez, qui avait requis 18 ans de prison contre chacun des accusés, la victime avait ressenti peur et "stupeur", cernée par cinq hommes de "forte stature", et "avait adopté une attitude de soumission et non de consentement". "On ne peut exiger des victimes des attitudes dangereusement héroïques", a-t-elle insisté.

" Seul un oui est un oui ".
Jouant sur la notion de consentement, l'homme n'a pas hésité à avancer que les membres de la meute n'avaient pas pu réaliser qu'elle n'était pas consentante puisque qu'elle n'avait ni crié, ni résisté. Ce dernier a par ailleurs assuré que ses clients n'avaient pas eu "de procès juste" car "la société" avait réclamé leur condamnation à coups de manifestations retentissantes. Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, s'est félicité de cette décision de justice sur son compte Twitter: "C'était un viol".

Cette peine avait été confirmée en décembre par une juridiction d'appel qui avait estimé qu'il n'y avait pas eu violence et qu'il était trop difficile de déterminer s'il y avait eu intimidation, les deux conditions nécessaires pour conclure au viol, selon le code pénal espagnol. Une grève des femmes avait alors été organisée et largement suivie sur l'ensemble du territoire.

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