Les Etats-Unis et le Mexique d'accord pour éviter les tarifs commerciaux

10 Juin, 2019, 00:40 | Auteur: Lynn Cook
  • Le ministre mexicain des Affaires étrangères Marcelo Ebrard lors d'une conférence de presse après sa rencontre avec le vice-président américain Mike Pence le 5 juin 2019 à Washington

"Le Mexique va faire beaucoup d'efforts, et s'ils le font, cet accord sera un grand succès pour les États-Unis et le Mexique", a tweeté samedi matin le président américain.

Le président américain, à peine revenu l'Europe où il avait assisté aux cérémonies du 75e anniversaire du Débarquement en Normandie, s'est chargé lui-même d'en faire l'annonce.

Mais selon le New York Times, la plupart des mesures annoncées par le Mexique dans l'accord avaient déjà été convenues lors de négociations antérieures.

Le journal, qui cite des sources au fait des négociations côté américain comme mexicain, précise que le principe de l'hébergement des demandeurs d'asile avait été convenu en décembre dernier, et que Mexico avait accepté en mars de déployer la garde nationale à sa frontière Sud.

"Dans cet accord, les migrants servent de monnaie d'échange".

Les deux pays poursuivront leurs discussions sur l'immigration clandestine et si les dispositions prévues par l'accord "n'ont pas les résultats escomptés, ils prendront des mesures supplémentaires et les annonceront d'ici trois mois". Mexico a parlé jeudi du déploiement de 6 000 hommes.

"Le Mexique va aussi prendre des mesures décisives pour démanteler les organisations de passeurs et de trafiquants, ainsi que leurs réseaux illicites de transport et de financement", selon ce texte qui a été lu par le ministre mexicain des Affaires étrangères Marcelo Ebrard.

Les gardes nationaux seront déployés "en priorité à sa frontière sud" pour lutter contre l'immigration clandestine en direction des États-Unis. Ceux-ci viennent essentiellement du Guatemala, du Honduras et du Salvador d'où ils fuient la criminalité et l'insécurité.

Le Mexique devrait aussi accéder à une autre exigence de Washington: tous les migrants venant faire une demande d'asile aux Etats-Unis seront renvoyés au Mexique en attendant qu'elle soit traitée par les tribunaux américains. La mise en application de cette menace aurait des conséquences désastreuses pour les deux pays, tant leurs relations économiques sont étroites. De l'industrie à l'agriculture, les deux économies sont imbriquées et la Chambre de commerce américaine a estimé à 17 milliards de dollars le montant qui aurait été répercuté sur les entreprises et consommateurs américains si les droits de douane avaient été appliqués.

Soucieux d'éviter l'exécution de la menace américaine, Mexico avait dépêché dès le début de la semaine une importante délégation à Washington et multiplié les gestes de bonne volonté. Elles avaient gelé les comptes bancaires de passeurs présumés et renvoyé une centaine de Honduriens dans leur pays.

En conséquence, les barrages policiers et militaires ont été renforcés dans la région du Chiapas (sud), point d'entrée principal de la migration centraméricaine.

A l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, seuls 20.000 migrants étaient arrêtés chaque mois à la frontière.

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