Des promesses trop belles pour être vraies — Alimentation biologique

07 Juin, 2019, 18:13 | Auteur: Aubrey Nash
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Pour le magazine, tout ou presque tournerait autour de l'argument marketing.

Alors qu'il n'y a jamais eu autant d'exploitations agricoles converties au bio, le magazine met en garde contre les " montagnes de promesses " du secteur qui ne sont pas toujours tenues. 60 millions de consommateurs consacre son hors-série de juin 2019, actuellement en kiosques, à ces produits.

On peut s'étonner de voir que des produits bio contiennent plus de ces substances que des produits "classiques", mais ce n'est pas forcément surprenant, explique 60 millions de consommateurs. Derrière la progression d'un marché qui promet "une vie plus saine et respectueuse de l'environnement", le magazine 60 millions de consommateurs a passé au crible 130 produits tels que du lait, des céréales, de la pâte à tartiner, du vin, de la viande ou du poisson. 130 produits ont aussi été testés. Par ailleurs, à l'heure où les scandales alimentaires (déforestation, répercussions sociales, santé) font beaucoup de bruit, les produits bios incarnent une sorte de Graal dans le paysage alimentaire. Ainsi, le magazine constate "des résultats plus problématiques dans les laits, les œufs, mais aussi les huiles d'olive biologiques". Dans certains laits et œufs bio, il a découvert plus de dioxines et de PCB que dans des produits équivalents qui ne sont pas bio. "Les dioxines sont des molécules issues de rejets industriels, notamment des incinérateurs". Comme le souligne la rédactrice adjointe du magasine Christelle Pangrazzi au journal Ouest-France: "En optant pour le bio, le consommateur devrait avoir la garantie d'acheter responsable d'un point de vue aussi bien nutritionnel qu'écologique ou éthique". Selon les derniers chiffres dévoilés mardi par l'agence Bio, 5.000 nouvelles exploitations ont effectué leur conversion en 2018 (+12 %), tandis que la surface cultivée sans produits chimiques s'est accrue de 17 %. Les produits bio sont aussi de plus en plus accessibles: dans son bilan annuel, l'Agence Bio note également le renforcement du poids de la grande distribution, qui commercialise désormais la moitié des produits bio. Ils sont cancérogènes et perturbateurs endocriniens pour le consommateur.

La FNAB (Fédération nationale de l'agriculture biologique) n'a pas démenti: "Alors que le label bio impose aux paysans et paysannes des exigences fortes de production, leurs animaux, leurs fruits, leurs légumes sont exposés à la pollution qui nous entoure, plus que des animaux élevés en batterie ou des fruits et légumes hors-sol".

" Rien n'interdit à l'agriculteur (bio) de s'installer sur un sol contaminé ou à proximité d'une source de pollution (dioxines, PCB) ", déclare le hors-série.

Enfin, le magazine rappelle que "manger exclusivement bio est une utopie, pour des raisons économiques, mais aussi parce que toutes les denrées ne sont pas disponibles".

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