Libye: combats violents au sud de Tripoli

23 Mai, 2019, 01:55 | Auteur: Lynn Cook
  • Libye: combats violents au sud de Tripoli

Si l'Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée par le maréchal Haftar contrôle depuis l'été 2018 les plus importantes installations pétrolières du pays, la commercialisation et la gestion des revenus du brut reviennent à la compagnie pétrolière nationale (NOC) et à la Banque centrale (BCL) basées à Tripoli.

Le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, a déclaré, mardi devant le Conseil de sécurité, que ce pays était sur le point de sombrer dans une guerre civile qui pourrait conduire à des " divisions permanentes ".

Des affrontements ont eu lieu notamment dans le quartier de Salaheddine, en banlieue sud où les forces pro-GNA ont gagné du terrain, selon leur porte-parole Moustafa al-Mejii. Si tous les membres du Conseil de sécurité ont fait mardi publiquement assaut de compliments pour soutenir Ghassan Salamé, la réunion à huis clos n'a pas permis d'y voir beaucoup plus clair sur qui soutient qui, selon un diplomate ayant assisté aux discussions. La ligne de délimitation créée serait garantie par un mécanisme international à définir.

Début mai, le président français Emmanuel Macron avait proposé une " délimitation de la ligne de cessez-le-feu, sous supervision internationale", lors d'une rencontre à Paris avec le chef du GNA, Fayez al-Sarraj.

Face au conflit, le positionnement des Occidentaux, Etats-Unis en tête, et de la Russie reste ambigu. Le dernier bilan de cette organisation onusienne indique que l'offensive de Haftar sur la capitale libyenne, qui a débuté le 4 avril dernier, s'est soldée à ce jour par 510 morts et 2467 blessés. L'ONU estime que plus de soixante quinze mille personnes ont été obligées de fuir et plus de cent mille autres sont prises au piège des combats aux abords de la capitale libyenne.

Il y a six semaines, le maréchal Haftar lançait son offensive intitulée "Torrent de dignité".

Selon Ghassan Salamé, " il n'y a pas de solution militaire en Libye et il est indispensable d'avoir une cessation des hostilités ... retour à un processus politique sous l'égide de l'ONU " pour sortir le pays de la guerre.

Le maréchal Haftar est accusé par ses détracteurs de recevoir un soutien militaire, notamment des dizaines de blindés, des Emirats arabes unis et de l'Egypte. "Les Nations unies doivent y mettre un terme ", a-t-il exhorté".

La Libye est sous un embargo sur les armes depuis la révolte de 2011 qui a renversé le régime de Mouammar Kadhafi. Ghassan Salamé avait récemment critiqué les approches divergentes de la communauté internationale qui n'a pas réussi en avril à s'entendre sur une résolution britannique réclamant un cessez-le-feu.

" Aucun camp ne peut l'emporter par la force", a abondé l'ambassadeur français, François Delattre, en soulignant que " l'urgence était face au risque d'escalade d'établir un cessez-le-feu sans préconditions " s'appuyant sur un mécanisme international " pour être crédible ".

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