Le pétrole avance entre tensions commerciales et risque géopolitique

22 Mai, 2019, 01:43 | Auteur: Lynn Cook
  • Attaque de drones contre des installations pétrolières en Arabie saoudite

Les principaux pays membres de l'Opep et d'autres producteurs majeurs, dont la Russie, se réunissent ce dimanche en Arabie saoudite avec pour objectif de stabiliser le marché pétrolier.

Pas d'augmentation du rythme de production du pétrole à prévoir, c'est ce qui ressort d'une importante réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) à Jeddah, en Arabie saoudite, ce dimanche.

Les cours du pétrole avaient baissé, vendredi, en restant cependant en nette hausse sur la semaine, les tensions géopolitiques autour du détroit d'Ormuz inquiétant les investisseurs avant une réunion de suivi de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ce week-end. Le Venezuela a vu sa production plonger avec la grave crise politique qui le paralyse, tandis que l'Iran est victime des sanctions américaines, avec l'interdiction d'exporter ses hydrocarbures. Khaled al-Fale, le ministre saoudien de l'Energie évoque ainsi la menace qui pèse selon lui: "Nous voyons que les stocks (de pétrole) augmentent (...) Aucun de nous ne veut voir les stocks enfler de nouveau, nous devons être prudents ". Malgré ces récents événements, Ryad croit fermement à la sécurité de son industrie pétrolière, estimée " solide " par le ministre Faleh, soulignant toutefois que personne n'est à l'abri d'acte de sabotage. Selon l'AIE, la production iranienne de brut était de 2,6 millions de barils par jour en avril, contre 3,9 millions en avril 2018, un mois avant le retrait unilatéral de Washington de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015.

Les tensions entre Washington et Téhéran se sont exacerbées, alors que les Etats-Unis ont annoncé le déploiement dans le Golfe du porte-avions Abraham Lincoln et de bombardiers B-52, invoquant des "menaces" de la part de l'Iran.

Ces deux sommets extraordinaires auxquels Ryad invite ses partenaires se tiendraient le 30 mai prochain à La Mecque "pour discuter de ces agressions et de leurs conséquences sur la région", a indiqué l'agence de presse officielle saoudienne.

Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, lui, s'est entretenu samedi dernier au téléphone avec le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, des mesures à adopter pour renforcer la sécurité dans la région du Golfe. "Une telle décision pourrait susciter la colère de Téhéran et remettre en question l'avenir de l'Opep, dont l'Iran est un membre influent".

Le 1 mai, les Américains ont en effet mis fin aux exemptions d'embargo accordées à certains pays sur les exportations de pétrole iranien.

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