La septuagénaire blessée à Nice répond à Emmanuel Macron: "C'est une honte!"

08 Avril, 2019, 22:06 | Auteur: Lynn Cook
  • Une militante des Gilets jaunes Geneviève Legay blessée à Nice

"La réponse d'Emmanuel Macron est autoritaire", a-t-elle insisté.

"Incompréhensible et surtout lamentable". Il y a deux semaines, une militante d'Attac âgée de 72 ans, Geneviève Legay, était grièvement blessée lors d'une manifestation de gilets jaunes à Nice.

"Le président de la République n'a pas eu une seule pensée pour mes filles qui attendaient à l'hôpital pour savoir si j'allais pouvoir m'en sortir et avec quelles séquelles", fustige-t-elle dans un entretien publié sur le site d'information.

"Il nous ont demandé de rejoindre le groupe du café Turin, continue Geneviève Legay". "Quand on est fragile, qu'on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci", avait commenté le chef de l'Etat, souhaitant également à Geneviève Legay "peut-être une forme de sagesse". L'agent a depuis exprimé ses "sincères regrets" mais rappelé n'avoir agi que "dans le strict respect des ordres donnés par sa hiérarchie", selon les propos de son avocat. Elle évoque les évènements, sa colère contre les policiers, Emmanuel Macron et Christian Estrosi. "C'est à l'image de ce qu'il fait avec le peuple qu'il ne comprend pas et qu'il ne veut pas comprendre". "Macron n'est pas un exemple de sagesse mais de mépris et de violence", a insisté la manifestante, toujours hospitalisée dans une unité de convalescence à Nice.

Si la porte-parole niçoise d'Attac a quitté la semaine dernière les soins d'urgence, elle est toujours sous surveillance médicale, à l'hôpital Cimiez.

Victime d'une hémorragie méningée et d'un hématome sous-dural, la septuagénaire a aussi eu plusieurs côtes cassées et de nouveaux examens ont révélé une fracture du coccyx, selon Mediapart.

"Comment je peux être blessée devant, derrière, me retrouver par terre, sans me rappeler?"

Revenant sur la manifestation interdite du 23 mars, elle décrit une "humeur festive" et des participants "pacifistes" avant que des policiers ne "foncent" sur eux, sans aucune raison. "Or, c'est faux. Je me rappelle avoir été poussée par un policier et je le leur ai dit", rappelle la septuagénaire.

Au micro de France Bleu Azur, elle précise qu'elle pense avoir reçu un coup de matraque sur la tête, même si elle n'en a pas la preuve: " (...) J'ai un trou dans la tête derrière et je pense que ce coup de matraque m'a fait tomber.

"Cela fait 50 ans que je milite et à 73 ans, je n'ai jamais vécu pareille violence".

Geneviève Legay répond catégoriquement: "Je suis partante, il me tarde d'arriver à tenir debout pour rejoindre les gilets jaunes, je rêve de la convergence des luttes", confie-t-elle. Et Estrosi (le maire de Nice, ndlr) se permet de dire de son côté que mes blessures sont légères.

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