L'armée lâche Bouteflika, et maintenant — Algérie

28 Mars, 2019, 01:24 | Auteur: Lynn Cook
  • Algérie : le chef d’état-major de l’armée demande de déclarer Bouteflika inapte

L'article en question stipule que "lorsque le Président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l'impossibilité totale d'exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit, et après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous moyens appropriés, propose, à l'unanimité, au parlement de déclarer l'état d'empêchement".

En Algérie, la mobilisation ne faiblit pas. Ils vont être aidés en cela par l'appareil du FLN, notamment par Amar Saadani, ancien secrétaire général du mouvement qui, le dimanche 24 mars, a allumé la mèche du processus actuel en déclarant qu'Abdelaziz Bouteflika était le jouet du Premier ministre Ahmed Ouyahia... et que c'était ce dernier qui non seulement dirigeait l'Algérie, mais encore écrivait les lettres attribuées au président. Le leader de ce parti, Ahmed Ouyahia, était jusqu'à ces dernières semaines Premier ministre. Ce, à la suite de l'appel du chef d'état-major des armées algériennes, Ahmed Gaïd Salah, d'appliquer l'article 102 de la Constitution et de déclarer le dirigeant inapte.

Le régime algérien continue sa délitescence. L'armée est dans ses casernes, le général Gaïd Salah a invoqué la Constitution pour sortir de la crise et M. Bouteflika n'est pas démis de ses fonctions.

Combien de temps Abdelaziz Bouteflika pourra-t-il tenir à son poste, étant de plus en plus isolé? Une solution rejetée par les manifestants et jugée inconstitutionnelle par les observateurs. Ce qui signifie qu'une future présidentielle sera organisée par le même système. Le site TSA, a rapporté que le président Bouteflika, et son entourage " n'ont pas été consultés " par le chef d'état-major qui a lancé son appel à partir de Ouargla dans le sud du pays au détour d'une visite de terrain.

C'est un "cadeau empoisonné", juge Ahcene Zenati, économiste de la santé, 45 ans, car le président une fois écarté, "on garde le système" au pouvoir. "Il partira destitué, après s'être accroché au pouvoir contre l'avis de son peuple sorti par millions demander son départ".

Mercredi matin encore, quelques centaines de chercheurs se sont rassemblés sur le parvis de la Grande Poste, épicentre de la contestation dans la capitale, pour chanter " Y en marre de ce pouvoir ".

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