Bouteflika c'est (presque) fini, report probable des élections — Algérie

10 Mars, 2019, 20:41 | Auteur: Lynn Cook
  • Algeria Protests

Le mouvement a fait boule de neige à Chlef et à Alger, d'abord, à Bordj Bou-Arréridj, ensuite, avant de se propager dans d'autres contrées de l'Algérie profonde à l'image d'Oran, Annaba, Biskra, Tizi Ouzou, Batna, Oum El-Bouaghi, El-Tarf et Béjaïa.

Souvent revêtus de drapeaux algériens, environ dix mille manifestants, réunis sur la place de la République, dans le centre de Paris, scandaient "Pouvoir assassin" ou "Système dégage" dans une atmosphère bon enfant, faite de youyous des femmes et de stands à merguez et brochettes. "Ils ont les millions, nous sommes des millions", indique une pancarte brandie par une femme dans le cortège. 6000 personnes ont ainsi manifesté à Paris le week-end dernier, selon la préfecture de police, et un millier à Marseille.

"Aucune voix ne sera supérieure à celle du peuple", estime le quotidien arabophone, qui consacre huit pages à la contestation à travers de nombreuses villes d'Algérie.

Ces heurts, selon la police, ont fait 112 blessés dans ses rangs, et 195 personnes ont été arrêtées, soupçonnés de "saccage" et de "vandalisme".

"On n'a jamais vu autant de mobilisation en Algérie".

À Constantine, aussi, "il y a une très grosse mobilisation" et "beaucoup plus de monde" que les 22 février et 1er mars, selon un journaliste sur place. Du côté de Strasbourg, des manifestants étaient appelés également à se rendre au consulat algérien ce dimanche.

Parmi ces commandements écrits par le poète et écrivain Lazhari Labter: "Pacifiquement et tranquillement je marcherai", "À aucune provocation je ne répondrai", "Pas une pierre je ne jetterai, "Après la marche (.) je nettoierai".

"A la fin de cette journée du vendredi 8 mars 2019 (.) un nombre important de délinquants s'est manifesté dans le but de commettre des actes de saccage et de vandalisme", explique la Direction générale la Sûreté nationale (DGSN) qui chapeaute les services de la police algérienne.

L'homme d'affaires était de retour de Genève où il avait été arrêté après avoir fait irruption dans l'hôpital où était soigné le président Abdelaziz Bouteflika. Il sera déféré au Parquet suisse pour "violation de domicile".

Le chef de l'Etat, présenté par ses partisans comme le garant de la paix dans le pays après les années de guerre civile (1992-2002), a mis en garde dans son message, sans les nommer, contre les ennemis "insidieux" qui veulent semer "le chaos".

Les élections présidentielles en Algérie débuteront le 18 avril prochain.

La rue gronde encore et toujours chez les Algériens.

Recommande: