Le Canadien Michael Kovrig, arrêté en décembre, soupçonné d'espionnage (médias) — Chine

06 Mars, 2019, 14:39 | Auteur: Lynn Cook
  • Le logo de Huawei au Mobile World Congrès de Barcelone le 25 février 2019/AFP  Archives

Après que le Canada ait confirmé vendredi l'ouverture de la procédure d'extradition vers les Etats-Unis de sa directrice financière, Meng Wanzhou, Huawei devrait annoncer cette semaine poursuivre le gouvernement américain qui interdit à ses services fédéraux de recourir à des produits Huawei en raison de la sécurité nationale.

Le ministère américain de la Justice accuse Huawei et sa directrice financière d'avoir contourné les sanctions américaines contre l'Iran, mais aussi d'avoir, via deux filiales, volé des secrets industriels du groupe de télécoms américain T-Mobile.

Le groupe chinois Huawei, numéro 2 mondial des smartphones, rejette en bloc ces accusations, Pékin dénonce même "un grave incident politique" et a officiellement protesté auprès des autorités canadiennes. "Il existe suffisamment de preuves à présenter devant un juge d'extradition pour une décision", a ajouté le parquet canadien qui insiste que "l'audition de la demande d'extradition n'est pas un procès".

Meg Wanzhou avait été remise en liberté conditionnelle peu après son arrestation, après avoir versé une caution de 6,6 millions d'euros et résidait dans une de ses maisons à Vancouver, bracelet électronique au poignet. La décision canadienne démontrera "si le Canada adhère (au principe de) l'indépendance judiciaire ou non", a-t-il poursuivi, réclamant qu'Ottawa refuse la demande d'extradition des États-Unis et "relâche immédiatement" Mme Meng.

Croquis d'audience de Meng Wanzhou directrice financière de Huawei avec son avocat le 10 décembre 2018 à Vancouver au Canada  Jane Wolsak  AFP  Archives
Croquis d'audience de Meng Wanzhou directrice financière de Huawei avec son avocat le 10 décembre 2018 à Vancouver au Canada Jane Wolsak AFP Archives

L'arrestation de Mme Meng a créé une crise diplomatique sans précédent entre Ottawa et Pékin.

La Chine a exprimé sa "vive protestation" et "fait une présentation" au Canada suite à la décision de commencer la procédure d'extradition aux États-Unis de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, a déclaré samedi le porte-parole de la diplomatie chinoise Lu Kang.

"La partie chinoise est particulièrement mécontente et s'oppose fermement à la délivrance par le ministère de la Justice du Canada de l'arrêt introductif d'instance dans le cas de Meng Wanzhou", a indiqué un porte-parole.

La Chine y voit une tentative de miner son fleuron des télécoms, bien que depuis le début, le Premier ministre Justin Trudeau n'a eu de cesse d'affirmer qu'il n'y avait jamais eu "d'intervention politique" et que le Canada était "un Etat de droit".

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