Venezuela : Juan Guaido rentre à Caracas, Maduro dans un grand dilemme

05 Mars, 2019, 01:23 | Auteur: Lynn Cook
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"Nous ne resterons pas une minute ni même une seconde tranquilles tant que nous n'aurons pas retrouvé la liberté", a-t-il lancé à la foule.

Bravant les menaces d'arrestation, le chef de l'opposition vénézuélienne, et autoproclamé président, Juan Guaido, est arrivé lundi en milieu de journée à l'aéroport Maiquetia de Caracas, selon des images de la télévision. Dimanche soir, via les réseaux sociaux, il a prévenu le régime de Nicolas Maduro contre toute "tentative de l'enlever", qui constituerait selon lui "son ultime erreur ". L'opposant est menacé d'arrestation pour avoir bravé l'interdiction de sortie du territoire.

Soutenu par une cinquantaine de pays dont les États-Unis, Guaido a promis de rentrer "malgré les menaces" pour suivre sa stratégie et conduire, comme il l'a expliqué, un gouvernement de transition jusqu'à la tenue d'élections "libres".

"Les États-Unis attachent la plus grande importance au retour au Venezuela de Juan Guaido en toute sécurité", a averti M. Pence sur Twitter.

Juan Guaido avait quitté clandestinement le Venezuela il y a une dizaine de jours pour gagner la Colombie afin d'assister à un méga concert à la frontière et tenter de faire entrer des cargaisons d'aide humanitaire dans le pays - sans succès.

Juan Guaido avait fait savoir dès dimanche par le biais de Twitter qu'il avait l'intention de rentrer dans le pays le 4 mars.

Juan Guaido a galvanisé la foule qui l'attendait à Caracas en déclarant, bras levés au côté de son épouse: "Vous avez devant vous le président de la République du Venezuela!"

M. Guaidó fait l'objet d'une enquête pour " usurpation " de pouvoir et est à ce titre interdit de sortie du territoire, même s'il n'a pas jusqu'à présent été formellement accusé par la Cour suprême. "Et bien sûr qu'il y a un risque", a-t-il déclaré.

Il a aussi participé à Bogota à une réunion du groupe de Lima (13 pays d'Amérique Latine et le Canada) avant de se rendre au Brésil, au Paraguay, en Argentine et en Équateur - où il a été chaque fois accueilli en chef d'État. Son retour est un geste de défi indéniable au du régime de Maduro, qui paraîtra faible et explosif s'il ne prend pas les mesures qui s'imposent, mais provoquera une crise internationale majeure et frustrera l'opposition et ses partisans s'il le fait.

- Respecter la loi - Nicolas Maduro a répété ces derniers jours qu'en tant que chef du Parlement, son rival devait "respecter la loi", et que s'il rentrait au pays, il devrait "rendre des comptes à la justice ". Depuis qu'il s'est proclamé le 23 janvier président par intérim en qualifiant Nicolas Maduro d'"usurpateur", en raison des soupçons de fraudes qui pèsent sur son élection à un deuxième mandat, Juan Guaido s'est appuyé sur la rue et a convoqué plusieurs manifestations de soutien qui ont fait une quarantaine de morts et des centaines de blessés.

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