Nouvelle démission au sein du gouvernement Trudeau — Canada

05 Mars, 2019, 12:37 | Auteur: Aubrey Nash
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Cette annonce représente le dernier rebondissement en date dans la crise politique sans précédent qui se joue au Canada.

- Pourquoi venir à la rescousse de SNC-Lavalin?

Basé à Montréal, SNC-Lavalin est l'un des principaux employés privés du Canada, avec 9.000 salariés.

L'entreprise est accusée de "corruption d'agents publics étrangers" et de "fraude" en Libye. Une enquête préliminaire est en cours depuis 2015 dans ce dossier.

Bien que cette décision le "déçoive", Justin Trudeau a dit qu'il la "respect (ait)".

La prétendue tentative de faire pression sur Wilson-Raybould pour qu'elle abandonne l'affaire contre SNC Lavalin avait été rapportée pour la première fois par le Globe and Mail au début de février, créant un mal de tête majeur pour le Parti libéral de Trudeau avant les élections fédérales d'octobre.

Après sa démission, Mme Wilson-Raybould a accusé M. Trudeau et sa garde rapprochée d'avoir exercé sur elle des pressions assorties de "menaces voilées", pour qu'elle intervienne auprès du bureau des procureurs en faveur de SNC-Lavalin. Il doit être auditionné ce mercredi par des députés. Mais l'ancienne ministre elle-même estime que si ces menaces peuvent apparaître immorales, il n'est pas certain qu'elles tombent sous le coup la loi. L'ancienne ministre de la Justice admet qu'elle n'a pas reçu d'ordre de la part de Justin Trudeau, mais assure qu'elle a subi des pressions qui étaient parfois "extrêmement inappropriées". Le Premier ministre a en revanche évoqué des "discussions" visant à chercher les moyens d'éviter "une perte potentielle de 9.000 emplois".

Disant constater à quel point les gens qui l'entourent s'identifient à lui, Paul Wells écrit: "J'imagine que nous pouvons, sans crainte d'être contredit, dire que le premier ministre du Canada a été le fumiste en chef (phony-in-chief, en anglais)".

Mme Wilson-Raybould, qui avait été rétrogradée du ministère de la Justice à celui des Anciens combattants lors du remaniement ministériel en janvier, a récemment démissionné du conseil des ministres. Elle a expliqué n'avoir plus confiance dans le gouvernement, au coeur d'une grave crise politique après les accusations d'ingérence dans une procédure judiciaire lancées par l'ex-ministre de la Justice.

Mais à moyen terme, les conséquences les plus désastreuses pourraient intervenir sur le plan politique pour Justin Trudeau.

Toutefois, deux jours après cette audience retentissante, le nombre de sondés préoccupés par cette affaire a fait un bond de près de 10%, pour s'élever à 26%, tandis que 8% supplémentaires se disaient incertains sur la probabilité que ce scandale influence leur vote.

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