Macron admet "des erreurs" dans la gestion du mouvement — Gilets jaunes

04 Mars, 2019, 15:53 | Auteur: Lynn Cook
  • Macron admet

Au-delà de la relation bilatérale, Emmanuel Macron a placé au coeur de son projet politique la refonte de l'Union européenne, à deux mois des élections européennes. "Quand on va trop vite, qu'on est trop rapides ou trop caricaturaux, on fait des erreurs", a estimé le chef de l'Etat dans une interview à la chaîne de télévision italienne "RAI Uno". "Eduardo de Filippo est un auteur important pour moi, parce que j'ai rencontré ma femme en révisant une œuvre d'Eduardo", ajoute-t-il, faisant référence à la pièce "L'Art de la comédie". "On ne peut pas laisser les gens qui ont besoin de travailler, de vivre, de bouger, face à une impossibilité de mobilité pour quelque raison que ce soit", a-t-il ajouté. Il faut les réconcilier. "C'est par l'expertise scientifique, par le dialogue, la concertation et par l'innovation".

Au cours de cet entretien, le président de la République a insisté sur la nécessité de renforcer l'entente franco-italienne. "C'est aussi pour cela que nous nous sommes parlé et que j'ai voulu inviter le président italien Sergio Mattarella à venir".

Emmanuel Macron a repris, dimanche 3 mars, son offensive diplomatique et médiatique en faveur d'uneEurope "forte, unie et souveraine", qu'il avait été contraint de mettre au second plan compte tenu de la crise des Gilets jaunes et du grand débat national.

À l'exception d'une question sur la liaison ferroviaire Lyon-Turin, dont il a souligné l'importance, le président français s'est gardé d'évoquer les sujets qui fâchent comme la fusion entre les Chantiers de l'Atlantique (ex-STX France) et Fincantieri ou le soutien des dirigeants populistes italiens au mouvement de protestation des "gilets jaunes".

Le chef de l'Etat a tenté d'apaiser les tensions survenues ces dernières semaines entre Paris et Rome. "Mais du coup, on a presque oublié qu'il fallait continuer à apprendre à se comprendre".

Entre nos deux pays, il y a le cœur, l'amitié, l'amour.

En Italie, l'interview a provoqué la polémique avant même sa diffusion: Emmanuel Macron a choisi de répondre au présentateur Fabio Fazio, l'une des bêtes noires du vice-Premier ministre Matteo Salvini (extrême droite) et des souverainistes qui le considèrent comme l'archétype du journaliste "bobo". "Avec les flux migratoires, des tensions sont réapparues de façon très violente".

"Elle est responsable, car elle a fait preuve d'un manque de solidarité à l'égard de l'Italie". "Nous règlerons nos problèmes en coopérant et, ensemble, en ayant une stratégie vis-à-vis des autres". Il a aussi estimé que l'Europe était comme "sur un volcan": "Il y a des gens qui pensent qu'on peut continuer comme des somnambules, comme si de rien n'était, ils seront ensevelis. Moi, j'ai la conscience du tragique [.] Nous avons besoin d'une vraie pensée philosophique complexe et de ré-inspirer nos peuples".

Recommande: