Noms de métiers: "Aucun obstacle de principe à la féminisation" (Académie française)

03 Mars, 2019, 04:11 | Auteur: Lynn Cook
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Les 40 "Immortels" ont donc approuvé à "une large majorité " un rapport préconisant la féminisation des noms de métiers, de fonctions et des titres. Ce travail présenté par une commission d'étude comprenant quatre de ses membres (1) n'a pas permis de trancher sur le choix de telle ou telle formulation mais il a eu le mérite d'acter un véritable pas en avant.

Comme chacun sait, l'Academie française est la gardienne sourcilleuse du bon usage de la langue française. Concernant la féminisation de certains noms de métiers, les avis divergent auprès de nos concitoyens.

L'Académie n'édictera pas de règles. La vocation de l'Académie consiste dans cette logique à établir le " bon usage " et non pas de recenser la pluralité des usages en train de naître ou de se former.

L'Académie a néanmoins retenu dans ce rapport des mots qui étaient tabous, comme "professeure", décrié quelques années auparavant par l'Académie. Par ailleurs, s'agissant du féminin du substantif "écrivain", on constate que la forme "écrivaine " se répand dans l'usage sans pour autant s'imposer.Ou celui de "le " ou "la " ministre, précisant au passage que "la ministre " est tout à fait légitime, n'en déplaise à certains hommes politiques. Qu'importe! Le 21 février, dans son discours de réception de Patrick Grainville à l'Académie Française, Dominique Bona n'a pas hésité à formuler le mot " écrivaine " en parlant de Marguerite Duras, juste pour le plaisir de le faire résonner sous la coupole...

Plusieurs façons de marquer la féminisation.

L'innovation va peut-être pouvoir accélérer la féminisation. "Idem pour les noms en " eur", qui peuvent se féminiser grâce au " e " (" docteure "), sauf lorsqu'un verbe correspond au mot (" chercheur-euse "). "Pour le " -eure", de professeure par exemple, l'Académie française note encore un débat dans la société même si le suffixe en " -esse " est en train de disparaître: "docteure a supplanté doctoresse. Le texte adopté par les académiciens explique que celle-ci relève " d'une évolution naturelle de la langue, constamment observée depuis le Moyen Age ". Et a priori, la cheffe aurait aujourd'hui une longueur d'avance sur la chèfe, la chève (comme " brève "), la cheffesse voire cheftaine.

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