Wilson-Raybould confirme son témoignage mercredi — Affaire SNC-Lavalin

28 Février, 2019, 22:52 | Auteur: Aubrey Nash
  • Andrew Scheer devant des micros en conférence de presse

Le premier ministre Justin Trudeau a martelé mercredi soir le message qu'il véhicule depuis le début de l'affaire SNC-Lavalin, malgré le témoignage explosif livré par l'ex-procureure générale Jody Wilson-Raybould plus tôt en après-midi. Des révélations et démissions qui risquent d'aggraver ce qui ressemble déjà à la pire crise du mandat du Premier ministre.

Un tel accord hors cour aurait évité un long et coûteux procès à ce géant canadien du BTP. En cas de condamnation pénale, SNC-Lavalin, qui emploie 50.000 personnes dans le monde dont 9.000 au Canada, se verrait interdire tout contrat public pendant dix ans, ce qui risquerait de compromettre son avenir. L'ex-procureure a déclaré au comité qu'elle pensait que son refus d'abandonner les poursuites était la raison pour laquelle elle avait été brusquement rétrogradée au poste de ministre des Anciens Combattants. Elle a finalement démissionné mi-février. Le chef libéral a répété à de nombreuses reprises que son équipe et lui-même avaient "toujours agi de façon appropriée". L'affaire embarrasse son gouvernement depuis que le quotidien Globe and Mail l'a révélée le 7 février.

Scheer croit que le témoignage de Mme Wilson-Raybould fait en sorte que Justin Trudeau a "perdu l'autorité morale de gouverner" puisqu'il a fait "passer les politiques partisanes devant son devoir de faire respecter la loi". Au total, l'ancienne procureure générale a raconté dix réunions et dix appels téléphoniques qu'elle a eus avec Trudeau et de hauts représentants du gouvernement, réclamant la clémence de la justice. Elle aurait versé des pots-de-vin pour l'équivalent de 32 millions d'euros entre 2001 à 2011 à des responsables libyens.

Sa comparution de deux heures sera suivie de près par le bureau du premier ministre, sur lequel planent des allégations d'ingérence politique pour aider SNC-Lavalin à éviter un procès criminel pour fraude et corruption.

Selon le Globe and Mail, qui se basent sur le registre des lobbyistes, le groupe d'ingénierie a rencontré depuis 2017 plus d'une cinquantaine de fois des fonctionnaires du gouvernement fédéral et parlementaires pour évoquer des questions de "justice" et "d'application de la loi".

"La décision revenait à Mme Wilson-Raybould" dans le dossier de SNC-Lavalin.

Les accusations lancées par l'ancienne ministre de la Justice du Canada sont lourdes de conséquences pour le Premier ministre, à huit mois des élections législatives.

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