Accusé de viol, Tariq Ramadan porte plainte contre ses trois accusatrices françaises

28 Février, 2019, 10:48 | Auteur: Lynn Cook
  • Tariq Ramadan le 6 avril 2015 lors de la 32e Rencontre annuelle des Musulmans de France au Bourget près de Paris

Les mensonges initiaux de l'islamologue sur la réalité et la nature de ses relations extraconjugales évacués, et en dépit des accusations de viols qui persistent, l'homme a été remis en liberté sous contrôle judiciaire cet automne par les trois magistrats en charge de l'instruction de son dossier.

Accusé de viol, Tariq Ramadan a décidé de contre-attaquer en déposant ce vendredi 22 février trois séries de plaintes pour "dénonciation calomnieuse" et "dénonciation d'une infraction imaginaire" contre ses accusatrices comme le révèlent nos confrères de chez RTL. Les plaignantes pour viol sont Henda Ayari, Mounia Rabbouj et une femme dont le nom n'est pas communiqué, mais qui est surnommée "Christelle" dans les médias. D'autre part, la défense de Tariq Ramadan s'appuie sur des écoutes téléphoniques postérieures à la plainte, dans lesquelles Mounia Rabbouj explique à un interlocuteur inconnu qu'elle ne voulait pas porter plainte pour viols mais qu'elle a été manipulée, qu'elle veut retirer sa plainte et qu'elle "dira qu'elle a menti". La justice devra déterminer le 14 mars prochain si l'islamologue reste mis en examen. Son avocat, Me Emmanuel Marsigny, s'applique à y démonter "les fausses accusations", dont serait victime son client. Or, sur le cliché que les enquêteurs ont pu consulter, le visage d'une femme ressemble très fortement à celui de " Christelle ".

Elle soutient avoir été violée, humiliée et frappée en début de soirée, puis séquestrée dans sa chambre d'hôtel pendant que Tariq Ramadan se rendait à une conférence. Il fait notamment valoir un SMS disant "Si j'avais passé un mauvais moment, je serais partie". Si les enquêteurs estiment qu'il a été envoyé juste après leur rencontre du 9 octobre 2009, "Christelle" assure au contraire que le message date d'avant et qu'il remonte au 6 septembre de la même année, à la suite d'une relation sexuelle virtuelle sur Skype. Des affirmations qui paraissent crédibles à la vue des conclusions de la brigade criminelle pour qui il semble "que le SMS ait été envoyé après les faits".

Henda Ayari affirme elle aussi avoir été violée dans un hôtel, à Paris, en 2012. Cette dernière a notamment envoyé à Tariq Ramadan le message suivant: " Tu sais que j'ai beaucoup aimé... "J'espère que tu as gardé un bon souvenir de moi comme moi de toi, même si c'était court", peu de temps après les faits. Tariq Ramadan et son avocat s'appuient sur tous ces éléments pour contester la défense des trois femmes qui l'accusent. Encore une fois, la brigade criminelle juge que ces éléments sont assez pertinents pour remettre en cause la version d'Henda Ayari.

Concernant Mounia Rabbouj, les policiers ont mis la main sur des centaines de vidéos et messages à fort caractère sexuel que les deux individus se sont échangés pendant une longue période allant de 2013 à 2014, dates indiquées par la plaignante pour les neuf viols.

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