Abdelaziz Bouteflika déposera sa candidature à l'élection présidentielle le 3 mars — Algérie

28 Février, 2019, 10:14 | Auteur: Aubrey Nash
  • Abdelaziz Bouteflika déposera sa candidature à l'élection présidentielle le 3 mars — Algérie

Abdelaziz Bouteflika, en annonçant le 10 février sa décision de briguer un nouveau mandat, a mis fin à de longs mois d'incertitude. La mobilisation née sur les réseaux sociaux prend de l'ampleur: après les avocats lundi, les étudiants sont descendus mardi dans les rues de plusieurs villes du pays.

Le 25 février, le Premier ministre Ahmed Ouyahia avait implicitement écarté l'hypothèse d'un renoncement d'Abdelaziz Bouteflika en affirmant lui aussi: "Les urnes" trancheront.

Dans d'autres facultés d'Alger, les étudiants avaient décidé, au contraire, de rester dans l'enceinte universitaire pour éviter la confrontation avec la police, les forces de l'ordre n'ayant pas le droit d'entrer. Environ 500 étudiants en journalisme se sont réunis sur leur campus, tandis que quelques centaines d'autres étaient regroupés à l'extérieur, selon une journaliste locale sur place. Dans l'après-midi, ceux-ci ont débuté une marche et ont été rejoints par d'autres groupes jusqu'à former un cortège de plusieurs milliers de personnes, en plein centre-ville.

Comme vendredi, la police est restée largement passive, se contentant de canaliser les cortèges.

Hors de la capitale, de multiples manifestations ont été évoquées, via notamment le hashtag "Non au 5e mandat" sur les réseaux sociaux, sans qu'il soit possible de déterminer précisément leur nombre et leur ampleur.

"Je partage la même cause", a-t-il expliqué à l'AFP, "on veut que tout le système actuel parte, pas seulement le président".

" Pas en mon nom!". Quelques affrontements ont alors eu lieu entre des jeunes et les forces de l'ordre près de l'université.

" Le candidat Abdelaziz Bouteflika va respecter les délais et les lois et déposera son dossier de candidature le 3 mars", soit le dernier jour prévu pour cela, a déclaré Abdelmalek Sellal lors d'une réunion à Alger avec des partisans du chef de l'Etat.

M. Ouyahia avait également mis en garde "contre les risques de dérapages sérieux", alors que plusieurs membres du camp présidentiel ont agité ces derniers jours le spectre de la "décennie noire" de guerre civile en Algérie (1992-2002), à laquelle M. Bouteflika est largement crédité d'avoir mis fin.

Plusieurs étudiants rencontrés par l'AFP lundi avaient résumé leur état d'esprit, soulignant n'avoir "connu que M. Bouteflika comme président". Mardi, ce sont les étudiants qui ont protesté pour faire entendre leurs doutes sur les capacités de leur président depuis 20 ans à diriger l'Algérie.

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