Venezuela : les Etats-Unis disent soutenir Juan Guaido "à 100%"

26 Février, 2019, 08:25 | Auteur: Lynn Cook
  • Les civils visés tentaient de garantir que l'aide humanitaire internationale-ici déchargée par des soldats brésiliens de l'autre côté de la frontière puisse parvenir à la population du Venezuela

Sur le pont qui fait office de frontière entre la Colombie et le Venezuela, le camion de tête d'un convoi humanitaire brûle, à quelques dizaines de mètres du but.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro refuse cette aide humanitaire, y voyant un prétexte à une intervention militaire américaine pour l'évincer du pouvoir. Refus catégorique du président en place.

Mike Pompeo a qualifié de "brutes" les forces de sécurité loyales au président Maduro qui ont tiré sur des manifestants faisant deux morts, selon l'ONG Foro Penal, opposée au gouvernement de Maduro, et plus de 300 blessés, dont des Colombiens, selon le gouvernement colombien et différentes sources. Le Canada, membre du Groupe de Lima, a réclamé samedi "l'accès sûr et sans restriction" de l'aide au Venezuela et s'est dit "profondément préoccupé" par les actes de violences visant à entraver son entrée dans le pays. Qualifiant sur la chaîne CNN le président socialiste de "pire du pire des tyrans", le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo s'est dit "certain que, grâce aux Vénézuéliens, les jours de Maduro sont comptés". Il a aussi annoncé qu'il participerait, ce lundi, à Bogota, à une réunion du Groupe de Lima sur la crise au Venezuela, qui comprend 14 pays d'Amérique majoritairement hostiles à Nicolas Maduro.

Vingt-trois pays de l'Union européenne reconnaissent Juan Guaido: l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, la Bulgarie, la Croatie, le Danemark, l'Espagne, l'Estonie, la Finlande, la France, la Hongrie, l'Irlande, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Suède. Ce 25 février, le Trésor américain a décrété de nouvelles sanctions à l'encontre de quatre gouverneurs vénézuéliens.

Mais face aux lacrymogènes et aux balles en plastique des forces armées, et surtout face aux milices du pouvoir, les redoutés "colectivos", tous se sont repliés.

La veille, il avait averti que "les Etats-Unis vont passer aux actes contre ceux qui s'opposent à la restauration pacifique de la démocratie au #Venezuela". "Maintenant, le temps est venu d'agir pour soutenir les besoins du peuple vénézuélien désespéré", a-t-il écrit sur Twitter. Un camion a pu atteindre le Brésil, mais la plus grande partie de cette assistance n'a pas pu percer le blocus mis en place par Nicolas Maduro. "Ce qui s'est passé hier ne va pas nous dissuader de faire entrer l'aide humanitaire au Venezuela", a souligné un porte-parole, s'exprimant sous couvert d'anonymat devant un petit groupe de journalistes.

Après l'échec de son opération humanitaire et alors qu'une centaine seulement de membres des forces armées ont fait défection, M. Guaido a appelé samedi la communauté internationale à "envisager toutes les éventualités". "Cette action pacifique et de caractère humanitaire a été interrompue depuis le Venezuela sous le régime usurpateur de Maduro avec une répression violente et disproportionnée", a dénoncé le ministre colombien des Affaires étrangères, Carlos Holmes Trujillo.

Depuis 2015, au moins 2,7 millions de Vénézuéliens ont fui vers les pays de la région, dont plus d'un million en Colombie, selon le Haut-commissariat aux réfugiés de l'ONU.

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