Les démocrates américains veulent contraindre Trump à mettre fin à l'état d'urgence

26 Février, 2019, 06:22 | Auteur: Lynn Cook
  • Donald Trump

Les démocrates américains comptent porter mardi le premier coup contre l'"urgence nationale" décrétée par Donald Trump pour construire son mur anti-immigration clandestine, en approuvant à la chambre basse une résolution qui cherche à l'annuler.

Deux sénatrices républicaines souvent rebelles, Susan Collins et Lisa Murkowski, ont elles laissé entendre plus directement qu'elles voteraient en faveur du texte démocrate.

" L'action du président est illégale et viole notre Constitution, et donc notre démocratie", s'est indignée Nancy Pelosi vendredi lors d'une conférence de presse par téléphone. Mais cela reste loin d'être suffisant pour parvenir au seuil de votes nécessaires.

"Est-ce que je vais mettre mon veto?"

Donald Trump a prévenu vendredi qu'il opposerait son veto à la résolution. Ceci nécessiterait une majorité des deux-tiers dans les deux chambres.

"Tout le monde sait que les murs fonctionnent", avait-il martelé en annonçant qu'il décrétait l'"urgence nationale", le 15 février.

Le coût politique pour les républicains du dernier shutdown de trente-cinq jours, le plus long de l'histoire, dont ils avaient été jugés très majoritairement responsables, avait poussé les élus du Grand Old Party (GOP) à cette concession.

Après avoir déjà renoncé à une partie de sa principale promesse de campagne, le financement de ce mur par le Mexique qui l'a toujours exclu farouchement, Donald Trump, acculé, n'a pas caché son mécontentement.

Frustré que les parlementaires ne lui attribuent finalement qu'une enveloppe de 1,4 milliard de dollars, sur les près de six milliards qu'il réclamait, Donald Trump a affirmé qu'il n'avait pas d'autres choix que de recourir à l'"urgence nationale" pour lutter contre ce qu'il a qualifié d'"invasion" de gangs, de passeurs, de trafiquants de drogue et de migrants clandestins.

D'après la Maison Blanche, il pourra ainsi débloquer des fonds fédéraux -notamment destinés au Pentagone- et atteindre un budget total de huit milliards de dollars.

Seize États américains avaient déjà déposé lundi une plainte contre la déclaration d'urgence devant un tribunal fédéral en Californie. Et d'après le procureur général de Californie, Xavier Becerra, la construction de ce mur frontalier n'a aucun caractère d'urgence.

Cette bataille judiciaire s'annonce longue et pourrait remonter, à terme, jusqu'à la Cour suprême. Tout se jouera sur la définition d'"urgence nationale" entendue par la loi de 1976 sur laquelle s'est appuyée le milliardaire.

Les démocrates et certains républicains ont estimé que cette décision était un abus de pouvoir.

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