Nemmouche face à d'anciens otages français de l'Etat islamique en Syrie

08 Février, 2019, 05:38 | Auteur: Lynn Cook
  • Le procès de Mehdi Nemmouche jugé pour le meurtre de quatre personnes au musée Juif de Bruxelles doit durer jusqu'au 1er mars

Cinq ans après les faits, les deux journalistes déposaient pour éclairer la Cour sur la personnalité de Nemmouche et tous deux ont formellement reconnu ce dernier comme ayant été leur geôlier, lorsqu'ils étaient tous deux otages en Syrie. En revanche, la présence des deux autres reporters reste incertaine. De leur côté, les avocats de Mehdi Nemmouche ont dénoncé "une manoeuvre", "un procès dans le procès", alors que la séquestration fait l'objet d'une procédure distincte en France, dans laquelle le jihadiste a été inculpé fin 2017.

A ce procès à Bruxelles Mehdi Nemmouche, 33 ans, est accusé d'avoir abattu de sang-froid le 24 mai 2014 au musée juif un couple de touristes israéliens, une bénévole française et un jeune employé belge du site.

Les témoignages interviennent à un moment où la défense du jihadiste est fragilisée dans le procès bruxellois ouvert le 10 janvier.

Pour l'expert interrogé lundi, l'ADN ne peut être considéré comme une "preuve négative". Elles montrent un homme goguenard, arrogant avec les enquêteurs, une image ne collant pas du tout avec celle d'un suspect "accusé à tort", a souligné l'accusation. Au cours de l'enquête sur la séquestration d'Alep, trois des quatre journalistes l'ayant reconnu ont brossé le portrait d'un gardien "autoritaire", "violent", voire "tortionnaire" de prisonniers.

A propos de ses geôliers le journaliste de la radio Europe 1 a fait valoir: "le but du jeu c'était de nous tenir en permanence sous contrôle". Mehdi Nemmouche "s'amusait à nous écraser les ongles avec une pince en acier", a-t-il confié.

"L'absence, ça ne veut rien dire, ce n'est pas une preuve", a-t-il ajouté.

Pendant ces auditions, Nemmouche regarde les journalistes et ne peut réfréner un sourire à plusieurs reprises.

Le djihadiste continue de nier les quatre assassinats dont il est accusé par le parquet de Bruxelles, et ne veut toujours pas dire un mot sur son passé terroriste en Syrie.

Aux yeux de Michèle Hirsch, avocate des organisations juives, le témoignage des otages est "extrêmement important" pour que magistrats et jurés comprennent ce qui a pu motiver le tueur présumé du Musée juif.

Pendant deux heures, les deux journalistes ont fait le récit glaçant des violences physiques et psychologiques qu'ils ont subies de la part de Mehdi Nemmouche. Et quelle a été l'influence de Mohamed Merah, "son idole" d'après l'avocate. En 2012, Mohamed Merah a assassiné sept personnes dans le sud de la France, dont trois enfants et un père juifs.

S'exprimant peu publiquement sur cette détention, Nicolas Hénin a raconté avoir été "maltraité" par Nemmouche, désigné comme "Abou Omar le cogneur", lorsqu'il était retenu dans un hôpital d'Alep transformé en prison par l'Etat islamique. Il a aussi assuré que Nemmouche "voulait être reconnu et rêvait des assises".

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