France: Une journée nationale de commémoration du génocide arménien

08 Février, 2019, 01:59 | Auteur: Lynn Cook
  • Emmanuel Macron entouré de Franck Papazian et d’Ara Toranian coprésidents du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France

Emmanuel Macron a annoncé mardi 5 février dans la soirée devant la communauté arménienne que la France allait faire du 24 avril (date du début du génocide perpétré par l'Empire Ottoman), une "journée nationale de commémoration du génocide arménien".

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La date du 24 avril est celle qui a déjà été retenue par l'Arménie et la région à majorité arménienne du Nagorny-Karabagh pour commémorer le génocide de 1915.

" Après la loi de reconnaissance du génocide arménien promulguée en 2001, cette décision confirme l'engagement de la France sur la problématique du devoir de mémoire, notamment en ce qui concerne les crimes contre l'humanité " conclut le CCAF qui " remercie " Emmanuel Macron pour cette annonce".

La Turquie en revanche, qui a " condamné " la décision du président français, " persiste et signe dans le déni " estimé le Conseil.

La France a "un dialogue exigeant avec le président turc", a-t-il dit. " Nous avons des désaccords assumés sur la lutte contre Daech [acronyme de l'organisation Etat islamique], les libertés fondamentales en Turquie, le génocide et le passé, et les droits de l'homme en Turquie". Nous avons des points de convergence qui justifient le dialogue, comme la nécessité d'une transition politique en Syrie. À ce titre, le dialogue avec la Turquie est indispensable. La France a reconnu officiellement en 2001 le génocide arménien, commémoré chaque année le 24 avril en Arménie et dans le Haut-Karabakh, une province arménienne rattachée à l'Azerbaïdjan autoproclamée indépendante à la chute de l'Union soviétique. "Je me refuse à rompre le fil du dialogue ". Entre 1915 et 1917, on estime le nombre d'Arméniens tués entre 1,2 et 1,5 million à la fin de l'Empire ottoman.

C'était une promesse de campagne d'Emmanuel Macron.

Le président Macron a aussi rendu hommage à Charles Aznavour, décédé le 1er octobre. Le fils du chanteur, Nicolas Aznaour, lui a offert un doudouk, une flûte traditionnelle arménienne en bois d'abricotier.

Après de propos introductifs de la journaliste Lea Salamé, dont la mère est arménienne, les co-présidents du CCAF Mourad Franck Papazian et Ara Toranian ont remis une distinction à Nadia Murad, prix Nobel de la Paix, et à Vincent Duclert, auteur de "La France face au génocide arménien".

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