Brexit : Theresa May repart à l’offensive à Bruxelles

08 Février, 2019, 01:26 | Auteur: Lynn Cook
  • Angela Merkel

Les paris, une spécialité britannique, sont lancés alors que Theresa May arrive ce jeudi 7 février à Bruxelles. Soit Donald Tusk mais aussi Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne.

La petite phrase a fait de l'ombre à la visite du Premier ministre irlandais Leo Varadkar, qui a précédé de 24 heures son homologue britannique, attendue jeudi à Bruxelles pour tenter d'obtenir des modifications de l'accord de divorce, en particulier sur la frontière irlandaise.

"Ca ne va pas être facile, mais, c'est essentiel, le président Juncker et moi-même avons convenu que des discussions allaient commencer pour trouver une façon d'y parvenir", a déclaré Mme May après son dernier rendez-vous de la journée, avec le président du Conseil européen Donald Tusk. La Première ministre s'est ensuite "confrontée" à Donald Tusk, lui expliquant que ses propos de la veille sur "la place réservée en enfer aux promoteurs du Brexit dénués de plan" n'étaient pas utiles et avaient été "largement déplorés au Royaume-Uni", raconte le Guardian.

"Ce que je vois et entends de ces dirigeants, c'est un désir commun de travailler ensemble de sorte que nous puissions mettre en oeuvre la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne avec un accord", a-t-elle dit à l'issue de ses entretiens avec Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européen, puis Donald Tusk, le président du Conseil européen.

Cette disposition imposée par Theresa May suscite une très forte opposition de la part d'une partie des députés conservateurs ainsi que du petit parti nord-irlandais DUP, allié à la Première ministre.

Prochain rendez-vous pour les équipes du Brexit: le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier va rencontrer lundi à Strasbourg - où le Parlement européen sera en session plénière - le ministre chargé du Brexit Steve Barclay.

Sur la question de la frontière irlandaise, qui reste le thème le plus sensible, et le plus problématique, du divorce, les dirigeants européens ont maintenu leur position. "Et comme le +backstop+ fait partie de l'accord de retrait, nous ne pouvons pas rouvrir la discussion sur le +backstop+", a-t-il insisté.

Selon le porte-parole de la Première ministre, elle veut s'assurer que les Britanniques ne soient pas "piégés" par le filet de sécurité (ou "backstop"), une disposition introduite dans l'accord de retrait comme un dernier recours destiné à éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande du Nord britannique et la République d'Irlande après le Brexit.

Theresa May sera reçue jeudi par Donald Tusk et par Jean-Claude Juncker, qui ont tous les deux assuré vouloir éviter le scénario redouté d'une absence d'accord.

Seul point sur lequel les Européens sont prêts à des modifications: la déclaration politique qui accompagne l'accord de retrait dans laquelle il est possible d'être "plus ambitieux en termes de contenu et de rapidité en ce qui concerne la relation future" entre Bruxelles et Londres, selon le communiqué.

Elle prévoit que le Royaume-Uni resterait dans une union douanière avec l'UE, et la province britannique d'Irlande du Nord dans le marché unique pour les biens, afin d'éviter des contrôles douaniers et réglementaires physiques, si aucune autre solution n'était trouvée au cours des négociations sur les futures relations entre Londres et l'UE. Il est honni par de nombreux députés britanniques qui craignent de se retrouver "piégés" dans l'Union douanière.

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