Après de multiples polémiques, l'ambassadeur de France en Italie rappelé

08 Février, 2019, 07:45 | Auteur: Lynn Cook
  • PARIS FUSTIGE LA RENCONTRE ENTRE LUIGI DI MAIO ET DES

La France a rappelé son ambassadeur en Italie jeudi après une série de déclarations "outrancières" de responsables italiens, une rare escalade entre deux pays de l'UE qui cristallise un peu plus les lignes de fracture en Europe à quelques mois des élections européennes. Le texte fustige les "dernières ingérences", qui "constituent une provocation supplémentaire et inacceptable".

Cette décision intervient après que Luigi Di Maio, vice-Premier ministre italien et chef de file du Mouvement 5 étoiles, a annoncé sur les réseaux sociaux avoir rencontré mardi en région parisienne des responsables des "gilets jaunes", en concluant: "Le vent du changement a franchi les Alpes". La France a rappelé son ambassadeur en Italie, à la suite des nombreux propos tenus par les deux vice-présidents du Conseil italien issus d'une coalition populiste, Matteo Salvini et Luigi Di Maio. "Tout cela est indigne de notre histoire et de notre densité de relation." .

"La France a fait, depuis plusieurs mois, l'objet d'accusations répétées, d'attaques sans fondement, de déclarations outrancières que chacun connaît et peut avoir à l'esprit", a déclaré la porte-parole du Quai d'Orsay dans un communiqué. "Le geste est fort. On a franchi un cap en dégradant notre représentation en Italie", poursuit le diplomate, appelant l'Italie à "prendre ses responsabilités pour ne pas abîmer plus la relation".

Paris avait choisi jusqu'ici de ne pas surréagir à ces propos - qui saluaient le mouvement social des "gilets jaunes" en France et appelaient à la démission du président Emmanuel Macron - afin de ne pas alimenter la surenchère. Di Maio y est allé aussi de son couplet, accusant la France "d'appauvrir l'Afrique" à cause de sa politique de "colonisation".

D'autant qu'auprès de l'opinion publique transalpine, les attaques contre la France portent. Une partie des médias et de la classe politique exacerbent depuis des années une prétendue rivalité avec Paris qui aurait, par exemple, déclenché en 2011 la guerre en Libye uniquement pour "voler" le pétrole et faire main basse sur la sphère d'influence italienne, ou encore qui coloniserait les grands groupes italiens (de Telecom Italia à Edison en passant par Bulgari). Allant jusqu'à reprendre parfois les accents nationalistes de leur partenaire de la Ligue.

De son côté, Luigi Di Maio s'est défendu sur Facebook, signale Il Fatto Quotidiano, proche du M5S. "Je suis prêt à tourner la page dans nos relations avec la France pour le bien de nos peuples et je serai heureux de rencontrer Macron, a déclaré le ministre de l'Intérieur italien, cité par le Corriere della Sera".

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