Les députés autorisent May à renégocier le Brexit, l'UE refuse

30 Janvier, 2019, 00:54 | Auteur: Lynn Cook
  • BREXIT L'UE ATTEND AVEC IMPATIENCE LE VOTE AUX COMMUNES

Déposé par le SNP indépendantiste écossais et son homologue gallois Plaid Cymru, l'amendement qui demandait au gouvernement de reporter le Brexit et d'exclure une sortie sans accord avait également été rejeté à une écrasante majorité. Cet accord de divorce avait été massivement rejeté le 15 janvier par les députés britanniques et la Première ministre s'efforce depuis de remettre le processus sur les rails afin d'éviter une sortie sans accord, un scénario redouté par les milieux économiques. L'un d'eux exclut ainsi une sortie de l'Union européenne sans accord.

Le chef de l'opposition Jeremy Corbyn s'est cette fois dit prêt à rencontrer Theresa May pour trouver une "solution raisonnable", qui garantisse les "droits des travailleurs". L'autre demande à modifier le traité de l'UE, en particulier une disposition, le "filet de sécurité" ("backstop" en anglais), visant à éviter le retour à une frontière physique entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande.

La réponse de l'UE est d'ailleurs cinglante.

Interrogé sur la réaction de Bruxelles, qui a exclu une réouverture des négociations sur l'accord, le porte-parole a estimé que " le message des dirigeants européens est clair, ils veulent une sortie avec accord et ils comprennent que c'est dans l'intérêt de l'UE comme du Royaume-Uni ".

Aidez-nous à améliorer notre site en répondant à notre questionnaire. Cet amendement, qui n'est toutefois pas contraignant pour le gouvernement de la Première ministre conservatrice Theresa May, a été adopté de justesse, par 318 députés, tandis que 310 s'y sont opposés.

Une autre députée travailliste, Yvette Cooper, a elle carrément déposé un amendement pour reprendre partiellement la main sur la question du Brexit. Lors d'une conférence de presse, il a affirmé que l'accord de divorce conclu en novembre était le "meilleur accord possible et n'est pas renégociable".

Sept amendements ont été retenus pour une discussion et un vote de la chambre des Communes.

L'idée de rouvrir ces négociations suscitait des réactions contrastées dans les rangs de manifestants partisans et adversaires du Brexit rassemblés devant le Parlement de Westminster. Si aucun accord n'est conclu avec l'UE d'ici le 13 février, Theresa May reviendra au Parlement et les députés voteront le 14 février sur un départ sans accord de l'UE.

"Mes collègues et moi-même parlerons à l'UE de la manière dont nous pouvons répondre à ce que souhaite la Chambre" des Communes et chercherons à obtenir "des changements juridiquement contraignants", a-t-elle déclaré devant les députés, reconnaissant que "ce ne serait pas facile", étant donné "l'appétit limité au sein de l'UE pour un tel changement". La Première ministre prendrait le risque de perdre sa place, mais c'est l'une des rares marges de manœuvre qui lui reste pour sortir de l'impasse, si elle souhaite éviter un "no deal", et alors qu'elle est intimement opposée à un second référendum. "Il faut les rouvrir car le backstop est inacceptable", a déclaré à l'AFP Philip Aiston, un Brexiter de 66 ans.

Nick Jackson, un europhile de 48 ans, dénonçait de son côté la vacuité de l'entreprise: les dirigeants de l'UE " ont déjà dit non (à de nouvelles négociations).

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