Châteauroux : Pénurie de médicaments - France 3 Centre-Val de Loire

19 Janvier, 2019, 14:27 | Auteur: Aubrey Nash
  • Une ligne de production de médicaments à Gien le 21 mars 2018

L'association France Assos Santé interpelle les pouvoirs publics et met en cause les industriels sur les pénuries de médicaments.

"Au-delà du risque évident pour la santé individuelle des personnes, ces pénuries de vaccins constituent une menace potentielle pour la santé publique", estime Alain-Michel Ceretti, président de France Assos Santé, organisme représentant les usagers du système de santé.

Selon l'enquête réalisée de "France Assos Santé", un Français sur quatre a été confronté à une pénurie de médicaments ou de vaccin. Ce taux monte à 31 % pour les personnes atteintes d'une affection de longue durée (ALD, regroupant une série de maladies graves: AVC invalidant, cancers, maladie coronaire, Parkinson, Alzheimer, atteintes rénales, insuffisances respiratoires et cardiaques.). Ces pénuries concernent en premier lieu les vaccins, puis les médicaments contre l'hypertension et les traitements contre les maladies neurologiques.

Cette pénurie a des conséquences directes sur la qualité des soins: 45% des personnes confrontées à ces pénuries ont été contraintes de reporter leur traitement, de le modifier, voire d'y renoncer ou de l'arrêter complètement. Les personnes atteintes de maladies chroniques y sont encore plus vulnérables.

Autre chiffre: moins d'un Français sur deux (41%) s'estime bien informé des médicaments et vaccins faisant l'objet d'une pénurie, ajoute la radio publique. Dans 36 % des cas des ruptures d'approvisionnement, il s'agit de vaccins, ce qui a occasionné des retards dans le calendrier vaccinal des tout-petits.

Le principal enseignant tiré par France Assos Santé, suite à l'enquête menée par l'institut BVA auprès d'un échantillon de 955 personnes représentatif de la population française, est que ce phénomène est " récurrent et massif ".

En octobre 2018, l'Ordre des pharmaciens dénombrait déjà sur l'année 431 médicaments en rupture d'approvisionnement.

56 % des Français interrogés attribuent la raison de la pénurie aux industriels du médicament, qui privilégieraient la production de certains traitements ou vaccins au détriment d'autres.

"Ces pénuries ou ruptures d'approvisionnement peuvent toucher des traitements contre le cancer, contre l'épilepsie, la syphilis, contre des chocs allergiques (stylos auto-injecteurs)", égrène-t-on à cette fédération d'associations de patients. Les pouvoirs publics (13%) et les grossistes répartiteurs (14%) sont aussi mis en cause. Les conséquences peuvent parfois être graves, avec une augmentation des symptômes dans 14% des cas, des erreurs dans la prise de médicaments pour 4% des patients ou même une hospitalisation nécessaire. Elle réclame "plus de transparence sur les causes de ces ruptures et sur les plans de gestion des pénuries (PGP) mis en place" et souhaite mettre en place des sanctions financières lourdes "en cas de manquement aux obligations de notification et de mise en œuvre de ces plans", conclut le communiqué.

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