Interdiction d'utiliser du Roundup Pro 360

16 Janvier, 2019, 13:37 | Auteur: Aubrey Nash
  • Le Roundup Pro 360 interdit par la justice française

Le Roundup Pro 360 est un désherbant commercialisé par la firme Monsanto (récemment acquise par Bayer) avec pour principe actif le glyphosate.

Le tribunal administratif de Lyon a estimé que l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) a "commis une erreur manifeste d'appréciation" au regard de l'évaluation des risques en autorisant sa mise sur le marché en 2017.

Selon le jugement du tribunal de Lyon, que s'est procuré 20 Minutes, "le tribunal a estimé que les études scientifiques et les expériences animales montraient que le Roundup Pro 360 est un produit potentiellement cancérigène pour l'homme".

Il étudie désormais "la suite juridique à donner à ce dossier", précise-t-il dans un communiqué. Emmanuel Macron s'est engagé en 2017 à interdire l'usage du glyphosate, le composant du Roundup, en France d'ici trois ans - contre cinq ans pour les autres pays de l'Union européenne - tout en prévoyant une dérogation pour les "10% de cas où il n'y aurait pas d'alternative pour les agriculteurs français". Il est utilisé surtout dans les vignes et "dans une moindre mesure en grandes cultures", précise Bayer.

"L'utilisation du Roundup Pro 360, autorisée par la décision attaquée, porte une atteinte à l'environnement susceptible de nuire de manière grave à la santé", note le tribunal, qui statuait sur un recours du Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le génie Génétique (Criigen) représenté par le cabinet Huglo Lepage comptant notamment l'ex-ministre de l'Environnement Corinne Lepage.

L'Anses avait fait valoir devant les juges administratifs que le Roundup Pro 360 avait une composition "strictement identique" au Typhon, herbicide commercialisé par le groupe israélien Adama et autorisé en France depuis 1996.

Depuis le 1er juillet 2015, l'Anses a procédé pour des raisons de sécurité sanitaires au retrait de 147 autorisations de mise sur le marché de produits contenant certaines substances actives, dont 126 produits à base de glyphosate associé à la tallowamine en juin 2016.

Pour le conseiller régional EELV d'Île-de-France Julien Bayou, "cette décision laisse entrevoir une sortie réelle du glyphosate alors que le gouvernement tergiverse depuis trop longtemps".

Sur le fond, l'Anses ne se prononce pas, se bornant à dire qu'elle " examinera avec attention " le jugement du tribunal administratif de Lyon qui la met clairement en cause.

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