Chine : le Canadien accusé de trafic de drogue rejugé ce lundi

15 Janvier, 2019, 20:42 | Auteur: Lynn Cook
  • Chine : le Canadien accusé de trafic de drogue rejugé ce lundi

Les tensions diplomatiques entre Pékin et Ottawa se sont encore aggravées, un mois et demi après l'arrestation d'une haute dirigeante d'un géant chinois des télécoms à Vancouver.

Le gouvernement de Justin Trudeau a appelé lundi les Canadiens se rendant en Chine à y faire preuve de "grande prudence" face au "risque d'application arbitraire des lois locales", suite à la condamnation à mort d'un Canadien clamant son innocence. Pékin a ainsi fait arrêter, ces derniers jours, Michael Kovrig, un ex-diplomate canadien alors qu'il disposait de l'immunité diplomatique, ainsi que Michael Spavor, un consultant également canadien très impliqué dans les relations commerciales avec la Corée du Nord. Des interpellations que nombre d'experts considèrent comme des mesures de rétorsion. " C'est très inquiétant que la Chine commence à agir de façon arbitraire pour appliquer la peine de mort, surtout à un Canadien", a réagi le Premier ministre, Justin Trudeau, en promettant d'intervenir.

Robert Lloyd Schellenberg, habillé d'un pull blanc et d'un pantalon noir, a acquiescé lorsque le juge du tribunal de Dalian lui a demandé s'il avait compris le verdict. Il peut désormais faire appel. La justice chinoise avait alors estimé le verdict trop "indulgent" et ordonné en décembre la tenue d'un nouveau procès, peu après l'interpellation de Meng Wanzhou, la directrice financière d'Huawei, au Canada. Il avait été condamné en première instance en novembre à 15 ans de prison.

Ce dernier a souligné l'insuffisance d'éléments prouvant que Schellenberg appartenait à un gang de trafiquants, ou qu'il était impliqué dans la contrebande de méthamphétamine, une puissante drogue de synthèse. "Je suis venu en Chine pour faire du tourisme", a-t-il assuré lundi lors de son procès.

Ce mardi matin, les médias d'Etat chinois nient tout lien entre cette affaire criminelle et le sort de Meng Wanzhou, qui attend toujours, en liberté sous caution, son éventuelle extradition vers les Etats-Unis, où elle est soupçonnée de complicité de fraude pour avoir organisé un contournement des sanctions américaines mises en place contre l'Iran. "C'est un trafiquant international de drogue et un menteur", a déclaré Robert Lloyd Schellenberg à la barre. Il affirme que le cerveau du réseau est Khamla Wong, un Canadien arrêté en 2016 en Thaïlande et soupçonné de trafic de drogue. "Le ministère des Affaires étrangères et l'ambassade de Chine au Canada rappellent aux citoyens chinois qu'ils doivent pleinement évaluer les risques liés aux voyages au Canada", ont indiqué les services consulaires chinois. Ce sont 222 kilos qui devaient, selon le tribunal, être transportés.

"Nous exhortons la partie canadienne à respecter l'État de droit, à respecter la souveraineté judiciaire de la Chine, à corriger ses erreurs et à cesser de tenir des propos irresponsables", a déclaré lors d'un point presse Hua Chunying, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

La Chine exécute un ou deux étrangers chaque année, la plupart pour trafic de drogue, selon John Kamm, le directeur de l'association américaine de défense des droits de l'homme Dui Hua.

Les infractions liées à la drogue sont sévèrement punies dans l'empire du Milieu.

Recommande: