Guterres demande une enquête "crédible" — Affaire Khashoggi

19 Décembre, 2018, 12:39 | Auteur: Lynn Cook
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir

" L'Arabie saoudite rejette la position exposée récemment par le Sénat américain, qui repose sur des accusations irréelles et infondées, qui constitue une ingérence démesurée dans les affaires intérieures de Riyad et qui nuit au rôle régional et international du Royaume d'Arabie saoudite " rapporte le communiqué.

Dans la première, il est demandé au président américain Donald Trump de "retirer les forces armées américaines des hostilités au Yémen ou affectant le Yémen, sauf les forces américaines engagées dans des opérations visant Al-Qaïda ou des forces associées".

Un manifestant tient un portrait du journaliste saoudien Jamal Khashoggi et une bougie à sa mémoire, devant le consulat saoudien à Istanbul le 25 octobre 2018.

Les deux résolutions avaient été approuvées jeudi grâce aux votes essentiellement de sénateurs démocrates, mais aussi de quelques républicains.

Dans la seconde, le Sénat américain juge que "le prince héritier Mohammed Ben Salmane est responsable du meurtre" du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, tué le 2 octobre dernier au sein de la représentation consulaire de son pays à Istanbul. Les résolutions ne devraient garder qu'une portée symbolique. "Nous avons hérité d'un contrat signé par Stephen Harper pour l'exportation de véhicules blindés légers en Arabie saoudite", a rappelé le dirigeant libéral lors d'une interview à la chaîne CTV.

" Le royaume espère ne pas être pris dans des débats politiques nationaux aux États-Unis, afin d'éviter toute retombée sur les liens entre les deux pays qui pourrait avoir une incidence significative sur cette relation stratégique importante", martèle ainsi Riyad, brandissant délibérément la carte de la menace. L'assassinat de Jamal Khashoggi a terni la réputation de l'Arabie Saoudite et de nombreux pays ont pris des sanctions individuelles contre des responsables du régime. Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a même annoncé dimanche chercher les moyens de ne pas honorer un important contrat d'armement avoisinant les 10 milliards d'euros.

Évoquant cette affaire dimanche depuis Doha, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a répété un appel à "une enquête crédible et une punition pour ceux qui en sont coupables".

Cette sortie intervient au lendemain de celle du chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu, dont le pays a affiché son intention de saisir l'ONU pour l'ouvertyure d'une enquête internationale, estimant que l'Arabie Saoudite fait montre de sa mauvaise foi dans la gestion de cette affaire en refusant de partager toutes les informations collectées par Riyad.

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