À bout, la police annonce "l'Acte I de la colère"

19 Décembre, 2018, 07:07 | Auteur: Lynn Cook
  • À bout, la police annonce

Le syndicat de police Alliance appelle à bloquer tous les commissariats à partir de mercredi, comme le rapporte BFMTV. Soucieux de ne pas avoir à subir de nouvelles foudres contestataires, le ministre de l'Intérieur a reçu en début de soirée les représentants de l'ensemble des syndicats de police pour leur proposer de travailler sur " les modalités d'extinction " de l'ardoise à régler par l'Etat. Ils dénoncent "une baisse de 62 millions d'euros sur l'investissement dans la Police nationale" ce qui entraînerait, selon eux, une dégradation de leurs conditions de travail.

Ce bonus, qui ne les concerne pas tous, ne " va pas calmer notre colère ", a prévenu Yves Lefebvre du syndicat Unité-SGP Police FO. Alors que le gouvernement est confronté à une fronde des syndicats de policiers qui réclament " un retour sur investissement " après leur mobilisation et ont, pour certains, appelé leurs troupes à un mouvement de protestation mardi et mercredi, les premières annonces arrivent pour apaiser la colère.

"Le syndicat de gardiens de la paix et gradés qui réclame à l'exécutif " un plan Marshall " pour la police, demande aux députés de ne pas voter le projet de loi de finances 2019 estimant que le budget consacré aux forces de l'ordre est " insuffisant ", relève Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint d'Alliance.

"Une réunion organisée sur fonds d'opération " service minimum " et " 100 % prévention", lancée à l'appel du syndicat Unsa Police et à la veille d'une journée " commissariats fermés", déclenchée à l'initiative du syndicat Alliance. L'Assemblée nationale doit adopter ce nouveau budget jeudi. La troisième organisation représentative de la police nationale demande à être reçue par le président de la République et met en garde contre "d'autres actions".

Le gouvernement propose une prime exceptionnelle de 300 euros aux forces de l'ordre mobilisées pour faire face au mouvement des Gilets jaunes, selon un amendement, déposé mardi 18 décembre, dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances 2019. Il dit ne pas se contenter des gestes de soutien des autorités, notamment du président Emmanuel Macron, et prévient que s'il n'est pas entendu avant le 11 janvier prochain, il appellera à une mobilisation nationale le 26 janvier.

Le mois de crise des Gilets jaunes qui vient de s'écouler, avec un niveau de mobilisation des forces de l'ordre rarement atteint et des confrontations parfois très violentes avec les manifestants, n'a rien arrangé. Pour l'expliquer, ils prennent l'exemple des heures supplémentaires non payées, la principale revendication des "Gyro bleus".

Recommande: