86% des poissons vendus en grande surface sont "non durables" — Pêche

18 Décembre, 2018, 00:56 | Auteur: Aubrey Nash
  • 86% des poissons vendus en grande surface sont

Pour obtenir ces chiffres, l'organisation s'appuie sur une enquête réalisée entre le 20 janvier et le 3 février 2018, durant laquelle pas moins de 1 134 poissonneries de grande surface ont été inspectées, en se concentrant sur "trois poissons de la consommation courante menacés par la surpêche": le cabillaud, la sole et le bar. Selon l'association, plus de trois poissons sur quatre sont mal étiquetés.

L'accusation est sévère. L'UFC-Que Choisir n'y va pas avec le dos de la cuillère: " 86 % des poissons présents dans les étals des grandes surfaces enquêtées sont pêchés selon des méthodes non durables ou dans des stocks surexploités ".

Elle a ensuite constaté qu'une écrasante majorité - 86% - des poissons vendus sont non durables, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas "pêchés avec des méthodes respectueuses de la ressource et dans des zones où les stocks sont abondants". Selon UFC-Que choisir, 66% des supermarchés ne préviennent pas les consommateurs en omettant de les informer sur les mentions obligatoires sur les méthodes de pêche et les zones de capture.

Pas moins de 88 % des stocks de poissons européens sont actuellement surexploités ou voient leur capacité à se reconstituer menacée, induisant dès lors un risque d'effondrement des stocks pour des espèces particulièrement menacées telles que le bar. "Et le résultat de notre enquête est malheureusement tristement sans appel: la grande distribution n'a aucune politique d'approvisionnement durable pour les trois espèces étudiées", affirme ainsi l'association. "Dans deux tiers des cas", elles sont "absentes, fantaisites ou trop vagues", comme lorsqu'il est inscrit "Atlantique" ou "Méditerranée".

Aucune des grandes enseignes ne propose une pêche durable! Or, en l'absence de zone maritime précise, on ne peut pas identifier les poissons provenant de stocks surexploités. Quant à l'information sur les méthodes de pêche, elle est absente pour un poisson sur quatre. Cela a pu être établi en croisant les données sur les méthodes de pêche avec les zones de capture. Dans l'immédiat, les enseignes citées par l'enquête de UFC-Que Choisir et contactées dans la journée par le Figaro n'étaient pas joignables.

Alors que les ministres de la Pêche sont actuellement réunis à Bruxelles pour négocier les quotas de 2019, l'organisation "exhorte" également les ministres concernés à "aligner les futurs quotas sur les recommandations émises par les experts du conseil international pour l'exploration de la mer". "L'UFC-Que Choisir veut " durcir les quotas de pêche " et " rendre l'étiquetage sur la durabilité de la pêche explicite ". À l. Elle annonce par ailleurs qu'elle saisit la Répression des fraudes afin qu'elle réalise des contrôles sur le respect des dispositions réglementaires d'étiquetage.

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