Nombre de manifestants en baisse samedi — Gilets jaunes

17 Décembre, 2018, 18:53 | Auteur: Lynn Cook
  • La mobilisation des Gilets jaunes est en net recul

Les "gilets jaunes" revendiquent aujourd'hui des réformes socioéconomiques profondes en France.

La mobilisation "est un peu un échec, mais c'est à cause de l'État qui nous empêche de manifester correctement", "qui n'arrête pas de faire peur", estime Lucie, une aide-ménagère de 35 ans venue de Melun (Seine-et-Marne) pour manifester dans le quartier parisien de l'Opéra. "Les ronds-points doivent être libérés et la sécurité de tous redevenir la règle", a-t-il tweeté.

Gare Saint-Lazare, des militants des organisations Attac et Droit au Logement, notamment, se sont joints au rassemblement où se trouvait aussi le député La France insoumise Eric Coquerel. La zone de péage de Narbonne sud a par ailleurs de nouveau été la proie des flammes samedi en marge d'une manifestation des Gilets jaunes, deux semaines après avoir été incendiée à l'issue d'une même action.

Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM) a salué une baisse de mobilisation "nécessaire". Il a affirmé au Journal du dimanche que les promesses présidentielles seraient tenues. Mais ces mesures ont été diversement reçues par le mouvement, qui réclame plus de pouvoir d'achat.

Mais le président Macron est de moins en moins apprécié de l'opinion. Il a appelé également les employeurs à verser une prime aux salariés en fin d'année et annoncé l'annulation de la hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG) pour les retraités gagnant moins de 2000 euros par mois.

Ce cinquième samedi de manifestation avait valeur de test pour le président, vilipendé dans la rue depuis le 17 novembre.

Le ministère de l'Intérieur a comptabilisé 66.000 manifestants dans toute la France au plus fort, à la mi-journée, deux fois moins que les 126.000 recensés à la même heure le samedi précédent. Seules 2.200 étaient recensées à Paris, contre 10.000 une semaine auparavant.

En fin de journée, les Champs-Elysées ont rouvert à la circulation. De petites échauffourées y avaient opposé "gilets jaunes" et forces de l'ordre en fin de journée, sans le déferlement de violence survenu les semaines passées dans les beaux quartiers. Ce fut notamment le cas sur les Champs-Elysées, à Paris, alors que de violents affrontements s'étaient déroulés sur l'avenue les samedis précédents. Et Bordeaux s'est distingué par le maintien du nombre de manifestants, à 4.500 selon la préfecture.

"C'est un peu décevant. On s'attendait à avoir un peu plus de monde", déplorait Francis Nicolas, un manifestant lyonnais de 49 ans.

Même moins nombreux, les "gilets jaunes" restaient très revendicatifs.

"On se battra tant qu'on n'aura pas gain de cause", assurait Daisy, venue à Paris de l'Isère (est) avec son compagnon. Le couple, qui se "serre la ceinture" pour ses "petits", ne s'offrira pas de cadeaux pour Noël: "C'est trop compliqué de se faire plaisir, on s'offrira des câlins". Mais aussi le sit-in de près d'un millier de manifestants devant l'opéra de Paris, entre minutes de silence pour les victimes de l'attentat de Strasbourg et du mouvement des gilets jaunes et un appel "du peuple à (retrouver) la liberté et la souveraineté".

A Paris, 8.000 membres des forces de l'ordre ont été mobilisés, appuyés par 14 véhicules blindés de la gendarmerie. Les grandes attractions touristiques qui avaient fermé leurs portes le week-end dernier - y compris la Tour Eiffel - sont elles aussi restées ouvertes.

"C'est calme. Ce n'est pas ce que la télé montre", se félicitait une touriste belge, Tracy Montaigne, 26 ans, venue de Mouscron, devant les vitrines de Noël des Galeries Lafayette.

Les cafés étaient également ouverts pour tenter de combler le manque à gagner lié aux fermetures des samedis précédents, qui pèsent lourdement sur l'économie: la croissance, déjà faible en France, sera ainsi inférieure aux prévisions.

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