La responsable de Huawei libérée sous caution — Canada

16 Décembre, 2018, 00:20 | Auteur: Lynn Cook
  • Politique: Un deuxième Canadien disparaît en Chine sur fond de crise entre Pékin et Ottawa

Si ni Ottawa, ni Pékin n'ont confirmé que l'arrestation de M. Kovrig était la "conséquence" de l'affaire Meng Wanzhou, des proches du Canadien, interrogés mercredi, étaient convaincus d'un lien entre les deux affaires.

Un juge de Vancouver a ordonné mardi la libération sous caution d'une responsable de Huawei, le géant chinois des télécoms. Les autorités canadiennes ont arrêté Mme Meng le 1er décembre, à l'aéroport de Vancouver, à la demande des États-Unis, qui l'accusent d'avoir tenté de contourner les sanctions commerciales américaines imposées à l'Iran. Elle doit rendre ses deux passeports, séjourner dans l'une de ses deux résidences de Vancouver, porter un bracelet électronique à la cheville, être surveillée en permanence et limiter ses déplacements dans la région de Vancouver, précise le journal canadien Globe and Mail.

Et en plus de la forte somme qu'elle a déboursée, la dirigeante va devoir respecter de rigoureuses conditions. "De toute évidence, (les autorités chinoises) voulaient attirer l'attention de tout le monde à Ottawa".

Quelques heures avant la décision de justice, le gouvernement d'Ottawa avait confirmé l'arrestation en Chine de Michael Kovrig, un Canadien travaillant pour le centre de réflexion International Crisis Group (ICG), basé à Bruxelles. Par ailleurs, l'agence Reuters fait état de l'interpellation d'un ancien diplomate canadien en Chine pour des motifs encore inconnus. Deux employés canadiens d'une ONG chrétienne justement basée à Dandong (la même ville où travaillait Michael Spavor), Kevin et Julia Garratt, avaient été arrêtés pour espionnage peu après l'interpellation au Canada d'un ressortissant chinois recherché aux États-Unis dans une affaire de piratage. "Le Canada agit de bonne foi en répondant à une demande d'extradition présentée par les États-Unis conformément à la loi".

Le prix à payerLa ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a insisté sur le fait que la politique ou des pressions américaines n'ont absolument rien eu à voir avec cette arrestation.

La tension entre la Chine et le Canada s'est accrue depuis l'arrestation d'une femme d'affaires chinoise à la demande des États-Unis.

" Nous allons très clairement défendre nos citoyens qui sont détenus, nous essaierons de savoir pourquoi, nous allons travailler avec la Chine pour démontrer que ce n'est pas acceptable", a déclaré M. Trudeau lors d'une autre interview, cette fois à la chaîne City-TV à Toronto.

"Je suis fière de Huawei et fière de mon pays natal", a déclaré mercredi Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei Technologies, dans sa première déclaration publique après 10 jours de détention et sa libération conditionnelle au Canada. Le Premier ministre n'a toutefois pas fait le lien avec la procédure en cours contre Meng Wanzhou et les menaces de représailles brandies par Pékin si elle n'était pas libérée rapidement.

Liu Weidong, chercheur à l'Institut d'études américaines de l'Académie des sciences sociales de Chine, a souligné mercredi au Global Times qu'il était incertain de ce que M. Trump pouvait réellement faire en raison de la séparation des pouvoirs de l'Etat aux Etats-Unis.

Le ministère chinois des Affaires étrangères s'est jusqu'à présent refusé à tout commentaire, indiquant uniquement que si M. Kovrig avait eu des activités en Chine, elles auraient été illégales, ICG n'étant pas enregistré dans le pays. " Il est clair que le gouvernement chinois veut mettre le maximum de pression sur le gouvernement canadien ", a estimé Guy Saint-Jacques, ancien ambassadeur du Canada en Chine, avec lequel Michael Kovrig a travaillé.

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