Vers un Brexit sans accord

14 Décembre, 2018, 11:09 | Auteur: Lynn Cook
  • Edition numérique des abonnés

Il a été demandé aux parlementaires de se prononcer sur la confiance qu'ils accordaient à leur dirigeante à la tête du parti conservateur. Encore une fois, l'insubmersible dirigeante déjoue les pronostics. Certes, selon les statuts du parti, celui-ci ne pourra plus chercher à la déloger pendant un an, mais elle reste sous la menace d'une motion de censure de l'opposition, une opportunité potentielle de revanche pour les frondeurs conservateurs. Vous l'avez compris. Demain il y aura deux options sur la table: "la première, Theresa May obtient quelque chose et peut retourner en Grande-Bretagne en ayant de nouveaux éléments en main, soit les 27 vont accélérer les procédures juridiques en vue du rétablissement des frontières avec la Grande-Bretagne avant un accord qui ne sera plus désormais à l'amiable". Elle en est débarrassée, car la procédure de destitution ne peut plus être actionnée par les conservateurs avant un an. Une épée de Damoclès en moins.

Elle avait au préalable annoncé, devant des députés de son parti conservateur, qu'elle projetait de quitter ses fonctions avant les prochaines élections législatives de 2022, comme l'avait rapporté le député tory Alec Shelbrooke à la presse.

Lire la suite sur LeParisien.frBientôt un cessez-le-feu au Yémen?

Comment fonctionne le vote de défiance des députés conservateurs?

Au lendemain de sa décision de reporter le vote de la Chambre des communes sur l'accord sur le Brexit, la cheffe du gouvernement britannique a entamé hier une tournée dans les principales capitales européennes pour tenter d'arracher des réassurances juridiquement contraignantes supplémentaires pour éviter que le Royaume-Uni ne se retrouve "piégé" par la clause de sauvegarde sur l'Irlande. "C'est un résultat terrible pour la Première ministre", a commenté sur la BBC Jacob Rees-Mogg, député ultra europhobe, en l'appelant à "démissionner d'urgence". Theresa May s'exprimera dans l'après-midi devant ses homologues des pays de l'Union, réunis pour un sommet de deux jours. Ils critiquent la disposition du filet de sécurité, ou "backstop ", qui prévoit un traitement spécifique pour la province d'Irlande du Nord afin d'éviter le retour d'une frontière physique avec la République d'Irlande.

L'accord de Brexit est vilipendé tant par les "Brexiters" craignant un arrimage permanent du Royaume-Uni à l'UE que par les europhiles espérant encore pouvoir faire marche arrière. Les 27 se concerteront ensuite sans elle, dans la soirée, pour évaluer " ce qu'ils peuvent lui offrir ", a expliqué un responsable européen. " La marge est extrêmement étroite, ce sera un exercice de communication ", a confié mercredi 12 décembre un haut diplomate d'un État membre.

Les dirigeants de l'UE, à Bruxelles comme dans les Etats membres, l'ont toutefois répété sur tous les tons: il n'est pas question de renégocier l'accord de divorce qui a nécessité 17 mois de tractations pour organiser le départ britannique, programmé le 29 mars 2019.

La prochaine étape pour Theresa May passe par le sommet des Vingt-Sept jeudi et vendredi à Bruxelles puis par le vote qui devra avoir lieu aux Communes au plus tard le 21 janvier, a-t-elle promis.

"Il ne faut pas attendre que nous sortions avec de quelconques changements" du sommet, a encore prévenu mercredi la chancelière allemande Angela Merkel.

Recommande: