Les salariés acceptent les conditions du potentiel repreneur Punch — Blanquefort

13 Décembre, 2018, 20:00 | Auteur: Aubrey Nash
  • Fermeture de Ford : les élus entre colère et consternation

L'État, la région Nouvelle-Aquitaine et la métropole de Bordeaux devaient apporter un "soutien financier de 15 millions d'euros" à ce projet industriel. L'usine avait été inaugurée en juin 1973 par petit-fils de son fondateur du groupe Henri Ford 2.

Pour Véronique Ferreira, maire de Blanquefort, présente au moment de la terrible annonce: "C'est inadmissible, c'est à l'image de Ford malheureusement".

Jean-Luc Gleyze le président du conseil départemental de la Gironde, et Christine Bost, première vice-présidente et conseillère départementale du canton des Portes du Médoc, dénoncent "indécence du constructeur américain". "Une stratégie indigne au regard des 7 milliards de profits que le groupe a dégagé en 2017", d'autant que Ford "a bénéficié il y a cinq ans, de 25 millions d'euros de subventions publiques".

"La décision de Ford de fermer définitivement le site, annoncée ce jeudi, représente un immense gâchis pour les salariés, pour leurs familles et pour l'ensemble du territoire. (...) Bien entendu, nous exigerons de Ford le remboursement des aides perçues." .

Le ministre, qui n'a pas été prévenu par Ford, a indiqué devant le Sénat vouloir "profiter de la représentation nationale pour appeler Ford solennellement à réviser sa décision et à accepter la reprise de Punch, qui garantit l'avenir du site industriel de Blanquefort".

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire s'était pourtant personnellement impliqué dans ce dossier et avait appelé mardi soir le constructeur américain à accepter le projet de reprise de la société franco-belge Punch Powerglide, qui devait préserver 400 emplois. "Je veux dénoncer la lâcheté de Ford a qui je demande de parler depuis 3 jours, et qui n'a même pas eu le courage de prendre le ministre de l'Économie et des Finances au téléphone".

Mais face à la mobilisation des élus et des salariés, Ford avait néanmoins accepté de retarder sa décision pour permettre à l'équipementier Punch d'améliorer son offre de reprise.

"Je veux dénoncer le mensonge de Ford qui dit dans un communiqué que l'offre de reprise de Punch n'est pas crédible", a-t-il poursuivi, assurant que l'offre de Punch était, au contraire, "crédible, solide" et "garantissait l'avenir du site industriel de Banquefort".

En début de semaine, les salariés ont accepté dans le plan Punch de renoncer à trois jours de RTT, le gel des salaires pendant trois ans et la modulation du temps de travail.

"Ils ont été trahis par Ford. Les salariés, les syndicats, monsieur Philippe Poutou [le délégué CGT de l'usine, ndlr], ont été à la hauteur de leurs responsabilités, là où Ford ne l'a pas été".

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