Le Pacte mondial pour des migrations sûres adopté à Marrakech — Migrations

13 Décembre, 2018, 00:32 | Auteur: Lynn Cook
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"Nous ne devons pas succomber à la peur", a exhorté le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avant l'adoption formelle de ce texte destiné à renforcer la coopération internationale pour une "migration sûre, ordonnée et régulière".

En résumé, et contrairement à ce que des rumeurs tendent à faire croire, le Pacte mondial sur les migrations ne prévoit pas: de perte de souveraineté des États sur la question migratoire; de nouveaux droits pour les migrants; de laisser libre cours aux migrations irrégulières; l'arrivée programmée d'un nombre défini de migrants en France ou dans d'autres pays de destination.

Plusieurs pays ont d'ores et déjà choisi de se retirer du pacte, après avoir approuvé le texte le 13 juillet dernier à New York.

Les Etats-Unis, qui s'étaient retirés de l'élaboration du texte en décembre 2017 en le jugeant contraire à la politique d'immigration du président Donald Trump, ont lancé vendredi une nouvelle salve contre le Pacte et contre toute forme de "gouvernance mondiale".

Les intervenants ont aussi tenu, au début de leurs interventions, à exprimer leurs vifs remerciements et leur profonde gratitude à SM le Roi Mohammed VI, au gouvernement et au peuple marocains pour le chaleureux accueil et les efforts titanesques consentis pour garantir la pleine réussite aux travaux de cette Conférence intergouvernementale "historique".

Ce pacte de Marrakech prévoit également la création d'un forum d'examen des migrations internationales, qui se tiendra tous les quatre ans, afin de constater " les progrès réalisés ". "La réponse au nationalisme pur a été la fondation des Nations unies et l'engagement de trouver ensemble des réponses à nos problèmes communs".

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Le Pacte mondial pour des migrations sûres adopté à Marrakech — Migrations

"Je fais le choix du multilatéralisme", a ajouté le Premier ministre. Le pacte a créé une crise politique dans ce pays.

Juridiquement non contraignant, le Pacte est un texte qui recense des principes : défense des droits de l'homme, des enfants, reconnaissance de la souveraineté nationale - et liste des propositions pour aider les pays à faire face aux migrations - échanges d'information et d'expertises, intégration des migrants.

Pourtant, à en croire les discours souvent vides d'intentions de les mettre en pratique, et qu'ils placent comme fondamentaux de leurs actions, envers leurs propres compatriotes, comme envers les migrants, force est de constater que les idéaux figurant dans la déclaration universelle de droits de l'Homme appelant à la paix, au respect de la dignité humaine, à la justice, à la liberté, à l'éradication de la traite des humains, au progrès, à l'accès pour tous à la culture, et à l'instruction, ne sont pas pris en considération, et que les objectifs du développement durable est sérieusement compromis, malgré les intentions bienveillantes des politiciens.

L'Afrique ne sera pas l'objet du Pacte Mondial. En signant ce pacte, le message envoyé aux centaines de millions de migrants potentiels est 'venez!'. "Deuxièmement, les politiques nationales ont bien plus de chances de réussir si elles s'accompagnent d'une coopération internationale", a-t-il dit à l'ouverture de la conférence.

"Les décisions sur la sécurité des frontières, sur qui est admis à résider légalement ou à obtenir la citoyenneté, figurent parmi les plus importantes décisions souveraines qu'un pays peut prendre", a fustigé la mission diplomatique américaine à l'ONU dans un communiqué. Pour la migration clandestine, plus de 60.000 sont morts pendant leur périple depuis 2000, selon les chiffres de l'ONU.

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