La directrice financière de Huawei remise en liberté sous caution

12 Décembre, 2018, 23:55 | Auteur: Lynn Cook
  • En pleine affaire Huawei un deuxième Canadien interrogé par la Chine

Pour être libérée, la directrice financière de Huawei s'est acquittée d'une caution de 10 millions de dollars canadiens, un montant qui lui permet effectivement de recouvrer la liberté, mais pas totalement. A l'issue de trois jours d'audience au tribunal de Vancouver, le juge a accédé à la demande de remise en liberté de la dirigeante de l'équipementier chinois, arrêtée à la demande des Etats-Unis qui suspecte Huawei d'avoir violé l'embargo sur l'Iran.

Appuyée par Pékin qui ne décolère pas et menace le Canada de représailles, Mme Meng a demandé sa remise en liberté conditionnelle, invoquant notamment des problèmes de santé et un traitement à l'hôpital pour hypertension.

Par ailleurs, la libération de Mme Wanzhou est soumise à d'autres conditions: elle a dû rendre ses deux passeports en plus d'être assignée à résidence dans l'une de ses deux propriétés de Vancouver et doit porter un bracelet électronique. Meng Wanzhou est sortie quelques heures plus tard de détention. "Nous avons pleinement confiance dans les conclusions auxquelles parviendront les systèmes judiciaires canadien et américain", a ajouté la firme chinoise dans un communiqué. Les États-Unis demandaient son extradition dans le cadre d'une affaire de non-respect par Huawei des sanctions américaines contre l'Iran. Les Etats-Unis devront d'ici là transmettre à la justice canadienne les documents complets relatifs à leur demande d'extradition. Quelques heures avant la décision de justice, le gouvernement canadien avait confirmé l'arrestation en Chine de Michael Kovrig, un ressortissant canadien travaillant pour le centre de réflexion International Crisis Group (ICG), basé à Bruxelles. Il a été arrêté lundi soir à Pékin, a précisé l'organisation. Il s'agit de Michael Kovrig, un expert canadien de l'Asie du Nord-Est et ancien diplomate à Pékin, Hong Kong et aux Nations unies.

"Nous sommes au courant qu'un Canadien est détenu en Chine".

Mais le juge s'est interrogé mardi sur la validité de cette caution alors que le mari, qui ne réside pas au Canada, est arrivé à Vancouver avec un visa de touriste de six mois. "Le gouvernement chinois veut mettre le maximum de pression sur le gouvernement canadien".

"En Chine, c'est facile de concocter des accusations d'espionnage", assure M. Saint-Jacques. Elle a réaffirmé que la décision d'arrêter Mme Meng n'était pas "politique" mais la conséquence d'un traité d'extradition entre les Etats-Unis et le Canada.

"Washington a également fait part de son " inquiétude " et a appelé Pékin à cesser " toutes les formes d'arrestations arbitraires ".

La crise diplomatique ne semble en revanche pas affecter la récente trêve dans la guerre commerciale sino-américaine: le ministère chinois du Commerce a évoqué un calendrier de négociations et Donald Trump de son côté a parlé mardi de "discussions fructueuses" susceptibles de déboucher sur de "grosses annonces".

Cette arrestation est venue ajouter une tension supplémentaire dans les relations déjà difficiles entres les Etats-Unis et la Chine engagés dans un bras de fer commercial. En raison de nombreuses possibilités d'appel, une procédure d'extradition peut durer plusieurs mois, voire plusieurs années.

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