Climat. La COP24 vient de démarrer en Pologne

04 Décembre, 2018, 08:27 | Auteur: Lynn Cook
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" Le changement climatique avance plus vite que nous ", a souligné à la tribune Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU.

La mer de Ross, le 12 novembre 2016 en Antarctique.

Désastres météo, incidence sur la santé ou les rendements agricoles, concentrations record de CO dans l'atmosphère.

Rappelons que lors de la Conférence de Paris sur le climat de 2015, 195 pays se sont engagés à oeuvrer pour contenir la hausse de la température moyenne de la planète " nettement en dessous de 2°C " par rapport aux niveaux préindustriels et de s'efforcer de limiter cette augmentation à 1,5°C. Mais selon le récent rapport des scientifiques du Giec, pour rester sous les +1,5 °C, il faudrait réduire les émissions de CO2 de près de 50 % d'ici à 2030 par rapport à 2010. Mais les engagements pris aujourd'hui par les signataires de Paris mèneraient à un monde à +3°C. "La COP24 doit rendre ça possible", a plaidé Patricia Espinosa. "A ceux qui trainent les pieds, je dis simplement +faites le+ ", a-t-il ajouté, lançant " un message sans équivoque " pour relever les ambitions contre le réchauffement. Si l'importance de l'événement et la nécessité d'une lutte efficace contre le réchauffement climatique ne sont plus à démontrer, les observateurs restent très inquiets quant à l'engagement réel des décideurs politiques sur ces questions. En prélude à l'ouverture de cette rencontre mondiale sur le climat, la Commission nationale avec à sa tête le chef de cabinet du ministère de l'Environnement, de l'Assainissement et du Développement durable, Mme Gologo Aminata Diarra, a rencontré le vendredi 30 novembre dernier, les journalistes pour faire le point des préparatifs, les acquis de la COP23, le rôle de leadership du Mali dans l'action climatique, de participation du Mali à la COP24, et les résultats attendus. Les membres du G20, à l'exception des États-Unis, ont certes réaffirmé samedi 1 décembre leur soutien à l'accord de Paris. "Mais pour l'Afrique, quelles que soient les péripéties de la géopolitique, nous n'avons pas le choix".

Alors que cette question des financements Nord-Sud pèse régulièrement sur les négociations, la Banque mondiale a annoncé lundi une mobilisation d'environ 200 milliards de dollars de 2021 à 2025 pour l'aide à la réduction des émissions et à l'adaptation au changement climatique, soit un " doublement " par rapport à la période précédente.

Les dirigeants d'autres pays vulnérables, comme le Népal ou le Nigeria, doivent également prendre la parole lors de ce sommet où aucun des pays les plus émetteurs de gaz à effet de serre n'est représenté au plus haut niveau. Et "les grands acteurs ne vont rien dire de concret au mieux" avant un autre sommet organisé par le secrétaire général de l'ONU à New York en septembre 2019.

"La Pologne, hôte de la réunion et défenseur acharné de son industrie houillère, veut d'ailleurs adopter lundi une déclaration sur la " transition juste ", qui insiste sur les " défis " auxquels font face les régions censées sortir des énergies fossiles".

Comme une loi a besoin d'un décret d'application, l'accord ne pourra libérer son potentiel sans des règles précises notamment sur la "transparence" (comment les États rendent compte de leurs actions, leurs financements, leurs résultats) ou le degré de flexibilité accordé aux pays les plus pauvres.