La majorité choquée par les violences, l’opposition accuse — Gilets jaunes

02 Décembre, 2018, 18:20 | Auteur: Lynn Cook
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Tout juste revenu du sommet du G20 à Buenos Aires, le chef de l'Etat s'est rendu à l'Arc de Triomphe, place de l'Etoile à Paris, qui fut le théâtre de violences et de dégradations samedi.

Benjamin Griveaux et Christophe Castaner n'ont pas écarté la possibilité d'instaurer l'état d'urgence, réclamé par des syndicats de police.

Un peu plus tôt, la commission des lois du Sénat a annoncé qu'elle entendra "les explications" mardi de Christophe Castaner et de Laurent Nuñez sur les violences de samedi, au cours desquelles 263 personnes ont été blessées en France. On déplore 133 blessés, 23 font partie des forces de l'ordre, a détaillé la préfecture de police.

Ils étaient venus goûter aux charmes paisibles de la capitale française, scintillante des illuminations de Noël. Au petit matin, et jusque tard dans la journée, des affrontements terribles ont eu lieu entre les forces de l'ordre et des manifestants en gilets jaunes, au pied de l'Arc de Triomphe. Les gilets jaunes scandent "Macron démission" et des slogans contre le Président. "Ça sent la Révolution". "Les coupables de ces violences (.) veulent le chaos".

"Il va falloir à un moment que Macron nous entende sinon ça va être de pire en pire", a déclaré Gaetan Kerr, 52 ans, agriculteur venu de l'Yonne, non loin des Champs-Elysées.

C'est dans ce quartier, sur le rond-point de l'Étoile, que les premiers heurts ont éclaté vers 8H45 quand des manifestants ont tenté de forcer un barrage selon une source policière, s'attirant la riposte des forces de l'ordre.

Les échauffourées autour de l'Arc de Triomphe ont donné lieu à des scènes surréalistes.

"J'ai été choqué par la mise en cause de symboles qui sont les symboles de la France".

Certains manifestants sont entrés à l'intérieur du bâtiment. "Tout ce qui permettra de sécuriser plus, moi je n'ai pas de tabou".

"Cet accident est directement lié à un barrage de +gilets jaunes+ qui a provoqué un gigantesque embouteillage de 10km (.)".

Lancé il y a quinze jours hors de tout cadre politique ou syndical, ce mouvement protéiforme s'est également poursuivi hors de Paris.

Selon les chiffres communiqués par le ministère de l'Intérieur ce dimanche, un total de 136.000 personnes ont participé samedi dans toute la France à cette journée de mobilisation.

La plupart des mobilisations se sont déroulées dans le calme mais des défilés ont dégénéré à Bordeaux, Toulouse, Nantes, Tours ou Dijon.

La préfecture de Haute-Loire, au Puy-en-Velay, a été incendiée. Il s'agira de tenter de trouver une réponse à un mouvement qui semble avoir échappé à tout contrôle. "Il faut tirer les conclusions de ce qui s'est passé aujourd'hui et ça pourrait être une piste de réflexion", a-t-il dit, rappelant que l'Etat d'urgence avait été décrété lors des émeutes de 2005 et après les attentats de 2015.

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