Trump attaque de nouveau le procureur spécial chargé de l’enquête russe

01 Décembre, 2018, 02:23 | Auteur: Lynn Cook
  • Le président américain n'exclut pas de gracier son ancien directeur de campagne jugé coupable de fraude fiscale et bancaire

Cette demande à Jackson a également été soutenue par les avocats de Manafort, qui ont défendu la "croyance de leur client qu'il a fourni des informations véridiques" aux procureurs lors des multiples rencontres qu'ils ont eues.

A chaque matinée ou presque, sa volée de tweets: Donald Trump a écrit ou relayé mercredi sur son réseau social de prédilection une série de messages virulents visant le procureur spécial Robert Mueller, Barack Obama ou les Clinton.

Manafort aurait travaillé entre 2006 et 2017 pour des gouvernements étrangers sans en aviser l'exécutif américain ni contribuer aux fonds publics, comme la loi l'exige.

Paul Manafort, qui était lié à un parti politique pro-Russe en Ukraine et à un oligarque proche du Kremlin, se serait notamment entretenu avec Julian Assange en mars 2016, le mois même où il a rejoint l'équipe de campagne du milliardaire républicain dans sa course victorieuse à la Maison-Blanche. Le président, lui, a de nouveau cherché, dans son entretien au New York Post, à disqualifier cette enquête qui plombe sa présidence.

Le dirigeant américain a déclaré mercredi qu'il n'excluait pas d'accorder une grâce présidentielle à son ancien directeur de campagne, dans le collimateur du procureur spécial Robert Mueller dans le cadre de l'enquête sur les soupçons d'ingérence russe dans la présidentielle de 2016. Lundi, l'ex-directeur de campagne de Donald Trump a été accusé dans un document de la justice d'avoir menti "sur toute une variété de sujets" à la police fédérale, sans plus de détails. Les avocats de M. Manafort, qui encourt au moins dix ans de réclusion dans cette procédure distincte de celle où il a été reconnu coupable et attend sa sentence, ont réfuté cette affirmation. "C'est 100% faux", a répondu Paul Manafort lui-même au journal.

Si le contenu de leurs conversations n'est pas connu, ce rendez-vous peu avant l'échéance présidentielle alimente les spéculations, alors que Wikileaks est à l'origine des fuites des milliers de mails du parti démocrate vraisemblablement provoquées par des agents russes, fragilisant la campagne de Hillary Clinton.

M. Manafort a fermement démenti ces informations "totalement fausses et volontairement diffamatoires", affirmant dans un communiqué n'avoir "jamais rencontré Julian Assange ou quiconque lié à lui".

LIRE AUSSI L'inculpation du fondateur de WikiLeaks révélée par erreur?

Robert Mueller, ancien directeur respecté du FBI, est resté silencieux depuis le début de l'enquête qui a débouché sur une trentaine d'inculpations et plusieurs condamnations.

Au début du mois, M. Trump avait provoqué des inquiétudes sur une possible reprise en main de cette investigation, en limogeant son ministre de la Justice Jeff Sessions et en le remplaçant par Matthew Whitaker, qui a dans le passé critiqué l'étendue de l'enquête russe.

Mais Sarah Sanders a assuré mardi que le président n'avait "aucune intention de faire quelque chose" pour bloquer l'enquête.

Ce rapport va être "politiquement très accablant" pour le président, avait estimé dimanche le constitutionnaliste Alan Dershowitz sur ABC, tout en écartant la possibilité de poursuites pénales contre M. Trump.

Recommande: