Salomé Zourabichvili, première femme présidente de la Géorgie

01 Décembre, 2018, 18:31 | Auteur: Lynn Cook
  • L’ex-diplomate Salomé Zourabichvili élue première femme présidente de la Géorgie

Pour se présenter au poste suprême, elle a dû abandonner sa nationalité française, la Constitution de Géorgie interdisant au chef de l'État d'avoir la double nationalité. Malgré la division palpable de la société, la presse géorgienne estime que la situation n'est pas propice à une nouvelle révolution.

L'ancienne diplomate franco-géorgienne Salomé Zourabichvili a recueilli 59,52% des voix contre 40,48% pour le candidat de l'opposition, Grigol Vachadzé, et a donc été élue première femme présidente de la Géorgie, selon les résultats portant sur la totalité des bureaux de vote annoncés par la Commission électorale centrale le 29 novembre.

Ancienne ambassadrice française, Mme Zourabichvili a promis d'ancrer la Géorgie dans l'Europe, saluant aussi le pas en avant que constituait l'élection d'une femme à la tête de ce petit pays du Caucase.

Soutenu par une alliance de onze partis d'opposition, Grigol Vachadzé était le candidat du Mouvement national unifié (MNU), fondé par l'ex-président en exil Mikheïl Saakachvili.

Cette élection pour la présidence au suffrage direct était la dernière avant le passage à un régime parlementaire.

Dans ce scrutin clé pour la démocratie de ce pays du Caucase, de nombreux observateurs internationaux étaient présents. "Je demande aux Géorgiens de défendre notre liberté, la démocratie et la loi".

"Le Rêve géorgien fait face au choix du mal et du pire: ce serait mal pour eux si l'opposition l'emporte, mais pire s'ils doivent faire face aux conséquences politiques de fraudes électorales", avait affirmé Grigol Vachadzé à Rustavi-2 TV. Ce dernier s'est officiellement mis en retrait de la politique, mais beaucoup le considèrent encore comme le véritable dirigeant du pays.

La France, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a adressé "ses plus sincères félicitations" à Salomé Zourabichvili tandis que le président ukrainien Petro Porochenko a souhaité à la nouvelle présidente "tous les succès pour assurer le développement démocratique européen de la Géorgie".

"Toute ma famille a été attaquée et ça a été très violent, on a notamment reproché à mes grands-parents d'avoir fui le pays et d'être des traîtres à la patrie", raconte Kethevane Gorjestani, qui a elle-même déposé une main courante après avoir reçu des menaces de mort.

Durant la campagne électorale, Salomé Zourabichvili avait été vivement critiquée pour avoir déclaré que la courte guerre d'août 2008 contre la Russie avait éclaté parce que la Géorgie avait commis l'erreur de répondre "aux provocations russes".

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