Rencontre avec Annick Girardin à Saint-Paul — Gilets jaunes

01 Décembre, 2018, 06:51 | Auteur: Aubrey Nash
  • Rencontre avec Annick Girardin à Saint-Paul — Gilets jaunes

Huée par des manifestants, la ministre des Outre-mer Annick Girardin qui est venue annoncer des mesures spécifiques pour l'île, a été exfiltrée par son service d'ordre ce vendredi. Toute la journée, à la table des discussions avec les "gilets jaunes", les élus et les représentants syndicaux, la ministre recueille les doléances. S'il n'y a pas eu d'insultes à son encontre, Annick Girardin a dû traverser une foule de manifestants en colère, la huant et criant "Macron démission", avant qu'elle ne soit exfiltrée par son service d'ordre.

De nombreux barrages ont encore été dressés jeudi sur les principaux axes routiers de l'île, où les produits frais ont quasiment disparu des rayons des grandes surfaces en raison des difficultés d'approvisionnement.

Après le Port-Est, Mme Girardin a rencontré une nouvelle délégation des "gilets jaunes" à la sous-préfecture de Saint-Paul.

Il est à noter que c'est la première fois depuis son arrivée à La Réunion le mercredi 28 novembre qu'une rencontre avec des "gilets jaunes" soit aussi houleuse pour la ministre.

Selon un bilan établi entre le 26 et le 29 novembre par la Chambre de commerce et de l'industrie réunionnaise (CCIR), "la perte estimée pour l'ensemble des entreprises réunionnaises sur dix jours est comprise entre 500 et 600 millions d'euros". Au départ du convoi, des personnes ont poursuivi les voitures. Preuve que les annonces sont loin d'avoir satisfait les manifestants.

La plupart des " gilets jaunes " ont exprimé leur déception après des premières annonces faites mercredi soir par Annick Girardin, car elles sont pour la plupart déjà incluses dans le Plan pauvreté voté en septembre et applicable dans toute la France en janvier 2019. De plus, les mesures qui avaient été suggérées sur l'emploi et les logements n'apportent que peu de nouveauté, à l'exception de la création d'une zone franche globale à 7% de taux d'imposition pour les entreprises. En revanche, les écoles de 11 communes sur les 24 de l'île étaient ouvertes ainsi que les collèges et lycées.

La Réunion est frappée par un chômage et une précarité plus élevés qu'en métropole, où la mobilisation des "gilets jaunes" demandant une meilleure prise en compte de leur situation économique, bien que moindre que sur l'île, est également forte, et largement soutenue par la population, selon les sondages.

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