Restitution du patrimoine africain: réécoutez l'édition spéciale

30 Novembre, 2018, 05:23 | Auteur: Sue Barrett

La meilleure réponse à la nécessaire réappropriation par les Africains de leur patrimoine est le soutien à de nouveaux musées et une large " circulation " des œuvres, estime Stéphane Martin, le président du Musée du Quai Branly, qui est moins favorable aux restitutions importantes. Une annonce faite, vendredi 23 novembre, par le président français Emmanuel Macron, à l'occasion de la remise du rapport qu'il a commandé sur la question.

La restitution qui devrait se faire " sans tarder ", fait suite à la réception du chef d'Etat français, d'un rapport sur la restitution par la France d'œuvres d'art africain, établit par l'historienne française, Bénédicte Savoy, du Collège de France et l'écrivain sénégalais, Felwine Sarr, de l'université de Saint-Louis, au Sénégal.

La France s'apprête à restituer 26 œuvres réclamées de longue date par le Bénin. Et tout le monde ne partageait pas l'idée qu'il y avait urgence à rendre les milliers d'œuvres d'art dérobées ou achetées à bas prix durant la période coloniale.

Seraient ainsi susceptibles d'être restitués "les dons aux musées provenant des personnes liées à la colonisation (administrateurs, médecins, militaires) et ceux de leurs descendants, et surtout tout ce qui a été collecté par des expéditions scientifiques". Les deux chercheurs préconisent - entre autres - de privilégier les restitutions permanentes plutôt que temporaires et de modifier le code du patrimoine français.

" Le Getty a rendu des objets à l'Italie, le British Museum à l'Australie, le Musée Guimet à la Chine ", énumère Stéphane Martin, mais, selon lui, " ça ne peut être la voie unique.

Dans cette lancée, l'Elysée a également annoncé que l'Etat français envisageait de mettre en place une stratégie de restitution de l'ensemble des œuvres d'art africain détenues dans plusieurs musées européens. Il suggère " l'aide à la construction de nouveaux lieux, le travail avec les collectionneurs privés, les fondations ", telle la Fondation Zinsou qui a organisé une première exposition Basquiat à Lomé (Togo).

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