Le reggae fait désormais partie du patrimoine culturel de l'humanité

30 Novembre, 2018, 10:52 | Auteur: Sue Barrett
  • Le reggae fait désormais partie du patrimoine culturel de l'humanité

Le reggae, musique popularisée dans le monde entier par son icône Bob Marley, a été inscrit jeudi sur la liste du patrimoine culturel immatériel par l'UNESCO qui a souligné son message "d'amour et d'humanité".

Parmi les nouveaux venus dans ce Patrimoine culturel immatériel, inscrits ces derniers jours à la liste officielle, on trouve des " éléments " aussi divers que les fêtes des Parrandas, à Cuba, une chanson populaire (" međimurska popevka ") croate, les bains médicinaux " Lum de la Sowa Rigpa", en Chine, des marionnettes traditionnelles égyptiennes, trois rites de passage masculins de la communauté masaï au Kenya... "C'est un jour historique".

L'Unesco a par ailleurs tenu à saluer "la contribution" du reggae dans la prise de conscience internationale "sur les questions d'injustice, de résistance, d'amour et d'humanité".

L'an dernier, l'Unesco avait aussi distingué la maestria du pizzaïolo napolitain ou l'originalité du zaouli, musique et danse des communautés gouro de Côte d'Ivoire.

Le reggae, dont la candidature était portée par la Jamaïque, a émergé à la fin des années 1960. "Nous sommes très, très heureux, je suis émue", a réagi Olivia Grange, la ministre jamaïcaine de la Culture, montrant toute sa fierté: "C'est une musique que nous avons créée, qui a pénétré partout dans le monde". Ce style musical a été en quelque sorte transporté par les nombreux immigrés jamaïcains qui se sont installés aux Etats-Unis après la Seconde Guerre mondiale.

Le reggae est indissociable du rastafarisme, mouvement spirituel qui sacralise l'empereur éthiopien Haïlé Sélassié et promeut l'usage de la ganja, ou marijuana. Elle s'est souvent revendiquée comme la musique des opprimés, abordant des questions sociales et politiques, la prison et les inégalités. Evolution du ska et du rocksteady, le early reggae utilise un tempo plus rapide comme sur ce "Do the Reggay" gravé en 1968 par Toots Hibbert (Toots and the Maytals) qui revendique l'origine du terme.

À la différence de celle du patrimoine mondial, cette liste n'est pas établie selon des critères "d'excellence ou d'exclusivité", selon l'UNESCO. Elle ne cherche pas à réunir le patrimoine " le plus beau " mais à représenter la diversité de ce patrimoine et à mettre en lumière des savoir-faire portés par des communautés.

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