Forte baisse pour les alliés conservateurs de Merkel — Election en Bavière

15 Octobre, 2018, 10:40 | Auteur: Lynn Cook
  • Forte baisse pour les alliés conservateurs de Merkel — Election en Bavière

Le parti, qui domine cette région depuis les années 1950, arrive certes en tête avec 35,5%, mais ce score a tout d'une débâcle politique, selon les sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote par les chaînes publiques ARD et ZDF. Elle perd une douzaine de points par rapport à 2013, sa majorité absolue, et va être obligée de chercher une alliance inconfortable avec une ou plusieurs formations.

Les instances dirigeantes des chrétiens-démocrates (CDU) d'Angela Merkel se retrouvent dès lundi matin à Berlin tout comme les sociaux-démocrates du SPD.

Mais au final les gagnants du scrutin bavarois sont les Verts, 2e avec près de 18 %, et l'AfD qui fait son entrée dans son 15e parlement régional sur 16 avec 10,6 % des voix. Les Libéraux du FDP (5 %) ferment la marche.

Les élections en Bavière et en Hesse ne sont pas anodines pour la chancelière qui doit affronter en décembre un vote de militants pour être reconduite à la tête de la CDU. Le résultat devrait avoir des répercussions sur l'avenir du gouvernement d'Angela Merkel.

Même si elle a considérablement resserré l'accueil des migrants, la chancelière a été handicapée par l'essor de l'extrême droite aux législatives de septembre 2017.

Elle a bataillé pour former une coalition gouvernementale où le SPD récalcitrant et la CSU ne semblent pas vouloir s'entendre. Face au séisme bavarois, de puissantes personnalités risquent aussi la suite de leur carrière, à commencer par Horst Seehofer, ministre de l'Intérieur et poil à gratter d'Angela Merkel.

La cheffe du SPD, Andrea Nahles, et la secrétaire générale de la CDU ont d'ailleurs relevé dimanche que ces crises avaient contribué à la sanction bavaroise.

L'AfD s'est de son côté félicitée des résultats en Bavière. Les Verts et l'extrême-droite sont les grands vainqueurs du scrutin. Illustrant cette recomposition du paysage politique, la stratégie droitière déployée ces derniers mois par la CSU pour regagner les voix conquises par l'AfD n'a pas eu l'effet escompté. Autre problème pour la chancelière: les intentions du SPD, alors que des voix réclament bruyamment une sortie du gouvernement et une cure de jouvence dans l'opposition. Un tel scénario, rendrait probable un scrutin anticipé et un départ de Mme Merkel avant la fin de son mandat en 2021.

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