L'artiste polémique, Deborah Robertis, interpellée nue au sanctuaire de Lourdes

07 Septembre, 2018, 22:38 | Auteur: Sue Barrett
  • Lourdes

Après s'être exhibée nue devant le sanctuaire de Lourdes, la performeuse franco-luxembourgeoise Deborah de Robertis sera jugée l'an prochain devant le tribunal correctionnel de Tarbes.

"Les policiers ont été appelés par des personnes sur place, ils l'ont interpellée et placée quelques heures en garde à vue", a indiqué à l'AFP le procureur de Tarbes, Pierre Aurignac, précisant que la jeune femme avait invoqué la portée artistique de son geste.

Après des performances dénudées au Louvre et au musée d'Orsay, à Paris, l'artiste franco-luxembourgeoise Deborah de Robertis s'est mise nue dans le sanctuaire de Lourdes (Hautes-Pyrénées), samedi 1er septembre.

Des personnes sont intervenues pour cacher sa nudité et ont prévenu les forces de l'ordre.

Le sanctuaire a porté plainte contre elle et condamné cet "acte d'exhibitionnisme qui a choqué les fidèles".

"Nous déplorons un tel mépris de la conscience religieuse et de la liberté de culte", a poursuivi le Sanctuaire, en demandant "le respect du caractère sacré de nos lieux de culte conformément au principe de la liberté religieuse". Vendredi 31 août 2018, les services de police de Lourdes ont été appelés pour un fait peu banal: l'interpellation d'une artiste qui posait nue (avec à peine un voile bleu de madone recouvrant les cheveux) devant le célèbre sanctuaire!

La juridiction parisienne l'a alors relaxée, retenant les arguments de la défense qui affirmait qu'elle accomplissait un "acte militant et artistique", et qu'il n'y avait donc "pas d'élément intentionnel" de commettre une exhibition sexuelle. Elle avait en revanche été condamnée à 35 heures de travail d'intérêt général pour avoir mordu au bras un gardien.

L'artiste est une habituée des prétoires.

Deborah de Robertis affirme vouloir redéfinir la place de la femme dans l'Histoire de l'art. Après avoir proposé ses " performances artistiques " au Musée du Louvre (sous les yeux de la Joconde) et au Musée d'Orsay (près de " L'origine du monde " de Gustave Courbet), c'est sous le regard des pélerins et de la statue de la Vierge Marie que Déborah de Robertis a œuvré. En février, elle a été relaxée pour deux autres performances.

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